Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.6)

22 mai

On a beaucoup à apprendre des personnes âgées…

La pluie de la veille ayant douché mes velléités de sortie, c’est relativement reposé que j’aborde la projection de Vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais, présenté en compétition. Le titre, magnifique, et l’idée que Resnais, proche des 90 ans, refasse un film qui aborde la question de l’au-delà, presque trente ans après L’Amour à mort, séduisent immédiatement. Mais le travail de mise en abyme (Resnais adapte deux pièces de Jean Anouilh), le côté ouvertement théâtral et le bricolage (le terme est de lui) de la mise en scène laissent un peu perplexe au premier abord. Il faudra sûrement revenir à tête reposée sur ce film tellement caractéristique de l’univers de son réalisateur et qui promet de s’enrichir après plusieurs visions.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.5)

21 mai

Bon, et là tu m’entends ?

Il faut bien se rendre à l’évidence, il est impossible de tout faire à Cannes. Pourtant, ma nature optimiste me dit que je peux festoyer jusqu’à 5h du matin et aller voir Amour (photo) de Michael Haneke à 8h30. Ma nature optimiste n’a qu’à moitié raison, malheureusement, car je manque une partie du dernier film de l’auteur de Caché. J’en vois assez pour admirer la performance magistrale de Jean-Louis Trintignant et admirer les superbes plans de Haneke, parfois rythmés par une bande son de Schubert, mais je réserverai mon jugement définitif après une potentielle séance de rattrapage dimanche.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.4)

20 mai

Tape m’en cinq

Révélé au public avec The Road, adapté de Cormac McCarthy, John Hillcoat, réalisateur australien, semble s’intéresser de près aux mythes du cinéma américain. Après The Proposition, sa relecture de western, il s’attaque au film de gangster avec Des hommes sans loi (photo), présenté en Compétition. Ses précédents films, de belle facture, nous avaient prouvé qu’il savait s’entourer d’excellents techniciens. Son dernier opus le confirme et on peut trouver un certain plaisir à admirer la beauté diapahne de Jessica Chastain et le talent de Tom Hardy pour manier le poing américain. Malheureusement, le brio technique du cinéaste est au service d’un académisme étouffant et l’absence totale d’originalité du scénario fait que le spectateur un tant soit peu au fait du genre a au minimum 25 minutes d’avance sur l’histoire. Un ennui poli s’installe, à peine troublé par la violence de certaines scènes.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.3)

19 mai

Vous m’en mettrez un de chaque

Je savais qu’en allant à la (très sympathique) fête d’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, j’hypothéquais sérieusement mes chances de voir dans de bonnes conditions Reality de Matteo Garrone, présenté en Compétition. Eh bien ça n’a pas manqué : trois heures de sommeil ne furent pas suffisantes et j’ai trop mal suivi le nouveau film du réalisateur de Gomorra pour en tirer une impression générale. On peut quand même en retenir les points forts habituels du cinéaste : un travail exigeant avec des comédiens non professionnels, dont le formidable Aniello Arena qui tient le rôle principal, et une utilisation une fois de plus stupéfiante des décors naturels. Rendez-vous au mois d’août lors de sa sortie en salles pour un point de vue plus complet.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.2)

18 mai

Et maintenant : sans les mains.

Troisième film de la compétition et première d’une longue série de séances à 8h30 du matin, De rouille et d’os (photo) est évidemment attendu au tournant. Après le succès public et critique de ses précédents films, Jacques Audiard change de registre, en apparence, du moins. S’il emprunte au mélodrame pour adapter plusieurs nouvelles de l’auteur canadien Craig Davidson, le réalisateur de Sur mes lèvres pose sa patte sur l’histoire d’amour entre un videur un peu fruste et une dresseuse d’orque amputée des jambes. Audiard est comme d’habitude très fort pour donner chair à un récit et signer des dialogues impeccables, mais il se perd en cours de route entre les récits qu’il tente de faire cohabiter. Les différentes couches de l’intrigue finissent en effet par diluer l’intéret qu’on peut porter à l’histoire et à ses personnages, laissant un goût d’inachèvement.

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