
Ed. Capricci
Ça fait bien longtemps que Louis Skorecki est agaçant. Avec talent. Ses chroniques quotidiennes sur les films à la télé dans Libération, qui semblaient parfois tourner en boucle, son art consommé de la provocation et une fausse nonchalance pour bouleverser les hiérarchies cinéphiles, son entêtement à marquer la fin de l’innocence du cinéma à la fin des années 50 avec Rio Bravo et Sueurs froides : toutes ces manies et obsessions (qu’on retrouvait aussi dans ses films, les trois opus des Cinéphiles, Skorecki déménage) nous séduisent comme elles nous font tourner en bourrique.
Elles sont également à l’œuvre dans les textes regroupés chez Capricci, qui sont centrés, eux, sur les séries télévisées. Comme pour les films, Skorecki trace des frontières, distribue les bons et les mauvais points, se permet quelques belles digressions, parle encore et encore de Hitchcock (à la télé et au cinéma) et surtout, démontre un amour sincère du genre à travers une belle érudition.
Magnum, Columbo, La Petite Maison dans la prairie, Chapeau melon et bottes de cuir, Millennium, Mission Impossible, se croisent au fil de pages où les surprises sont nombreuses et les interprétations toujours passionnantes. Comme pour le cinéma, l’auteur s’amuse à mettre en avant des séries populaires comme Mentalist ou Dr House, au détriment d’une œuvre désormais indiscutable comme Sur écoute, par exemple.
François-Xavier Taboni
PS : pour prolonger le plaisir de lecture et éprouver la curiosité du personnage, on peut se promener sur http://skorecki.blogspot.com/. La navigation n’est pas toujours très souple, mais le voyage vaut largement le détour.
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