Archive | Films années 1990 RSS feed for this section

[cinép(h)age:] LE SOUPER (ép. 8/25)

6 fév

Une pièce : écrite par Jean-Claude Brisville (1989)

Un film : réalisé par Edouard Molinaro (1992)

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 1815, la France est au bord de la guerre civile. Napoléon Ier a abdiqué le 25 juin après le désastre de Waterloo, laissant le pouvoir à son fils, Napoléon II. Le 8 juillet, c’est Louis XVIII qui s’impose à la destinée du pays et met un terme à l’Empire. Le 6 juillet, Talleyrand, le fin diplomate, et Fouché, l’éternel chef des polices, se croisent lors d’une rencontre avec l’Anglais Wellington : les monarchies d’Europe occupent Paris. Jean-Claude Brisville a imaginé qu’après cette terrible soirée, Talleyrand et Fouché soupaient en secret pour décider du destin du pays : république (Fouché) ou monarchie (Talleyrand).

(Lire la suite…)

[agitation :] CLINT FUCKING EASTWOOD

25 jan

Ed. Capricci

Le titre est d’emblée énigmatique. Fucking est-il utilisé pour souligner une dimension sexuelle, pour son côté badass ou pour railler le cinéaste ? L’ouvrage répond par l’affirmative aux trois propositions.

Stéphane Bouquet commence par l’émasculation, poursuit avec le rigorisme, et s’attache à moquer la réception critique d’Eastwood, particulièrement en France. Il est assez salutaire de noter que l’auteur ne souscrit pas à la déification cinématographique du vieux Clint. Le débat critique doit rester contradictoire, et les films récents du dernier des géants sont parfois reçus avec une déférence imméritée.

(Lire la suite…)

[dvd :] FILMER LE MONDE – Les prix du festival Jean Rouch

13 déc

ed. Montparnasse

Du 5 au 27 novembre 2011 avait lieu à Paris la 30e édition du Festival International du Film Ethnographique Jean Rouch, « Voir autrement le monde », 100 films d’aujourd’hui.

A cette occasion, les éditions Montparnasse ont sollicité le Comité du Film ethnographique afin de marquer le coup sous la forme d’un coffret dvd conséquent : 25 films primés par le festival entre 1982 et 2010 ont été retenus (pas 29 et donc pas un par an) et ont été répartis sur dix disques (ici le site des ed. Montparnasse).

(Lire la suite…)

Les dilettantes (épisode 24/28)

4 nov

/// Pendant un peu plus d’un an, Guérine Regnaut et Romain Sublon se sont prêtés au jeu de la correspondance cinéphile. Un film, un échange. L’un propose, l’autre répond… é basta!  ///

CROSS OVER

(Lire la suite…)

Les dilettantes (épisode 21/28)

7 oct

/// Pendant un peu plus d’un an, Guérine Regnaut et Romain Sublon se sont prêtés au jeu de la correspondance cinéphile. Un film, un échange. L’un propose, l’autre répond… é basta!  ///

(Lire la suite…)

[dvd:] EDWARD II – Derek Jarman

13 sept

Ed. Carlotta

En 1991, date de tournage d’Edward II, Derek Jarman est une personnalité incontournable du cinéma britannique. Engagé auprès de la communauté gay, c’est un habitué des films militants. L’une de ses marques de fabrique : il n’hésite pas à faire des ponts dans l’Histoire pour illustrer ses idées. Ainsi, en 1978, il livre Jubilee, un hymne pop et punk doublé d’une critique sociale acerbe, qui mêle la reine Elisabeth Ire a un voyage dans le temps.

En 1986, on lui doit une interprétation toute personnelle de la vie du peintre italien Le Caravage dans Caravaggio. En 1991, il transpose la pièce du dramaturge élisabéthain Christopher Marlowe (1564-1593), Edward II, à l’ère contemporaine. Marlowe, né la même année que Shakespeare, avait pris pour thème la disgrâce du roi Edouard II en 1327, trahi par la reine Isabelle et la noblesse pour avoir voulu promouvoir son amant, Gaveston, à la cour. Une intrigue médiévale, utilisée en écho par Jarman pour dénoncer les lois homophobes de l’Angleterre des années 1990, ainsi que les persécutions policières dont furent l’objet tous ceux qui étaient jugés socialement déviants sous le gouvernement Thatcher.

(Lire la suite…)

Les dilettantes (épisode 14/28)

5 août

/// Pendant un peu plus d’un an, Guérine Regnaut et Romain Sublon se sont prêtés au jeu de la correspondance cinéphile. Un film, un échange. L’un propose, l’autre répond… é basta!  ///

(Lire la suite…)

Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 54)

18 juil

// MES DOUBLES, MA FEMME ET MOI – Harold Ramis //

Il faudra un jour s'interroger sur la mode du pyjama dans les années 90's.

Les prémices de la renommée d’Harold Ramis remontent aux années 80. Il évolue alors comme comédien aux côtés de ses anciens compères du Saturday Night Live, et s’essaye à l’écriture et à la mise en scène. En 1993, les portes de l’Histoire s’ouvrent devant lui.

C’est le bénéfice de Phil Connors et de la marmotte, du 2 février et de Punxsutawney. Un jour sans fin devient le nouveau grand modèle de la comédie américaine, un classique instantané, le premier film depuis des décennies à pouvoir regarder l’œuvre de Frank Capra au fond des yeux. Ramis tente alors de récidiver. Après les sursauts du temps, la redite calendaire, il opte pour le dédoublement à l’infini.

Michael Keaton, chef de chantier surmené, se crée un clone supposé prendre le relais et lui permettre de golfer en paix. Le résultat étant insuffisant, il clone le clone. La déclinaison sera malheureuse, chaque ersatz devenant plus taré que le précédent. L’auteur greffe là-dessus un postulat de vaudeville, et s’amuse de la schizophrénie ambiante. L’intérêt du film réside notamment dans le rapport de chaque clone à la femme idéale, jouée par Andie McDowell.

Multiplicity (titre original) et Un jour sans fin partagent un modus operanti semblable. Dans ces œuvres jumelles, il s’agit de perfectionner un quotidien, de faire et refaire encore, pour séduire cette même femme, pour parvenir à une situation de vie optimale. Ramis prône (involontairement ?) le stakhanovisme du quotidien, et une quête de perfection qui serait presque spirituelle.

Keaton ne souffre pas un instant de la comparaison avec Bill Murray. Devenu rare sur les écrans, il est, dans les années 90, un comédien parfaitement ambivalent, susceptible de jouer des rôles physiques, des figures inquiétantes ou de verser dans la franche comédie. On ne le définira pas comme étant subtil, mais simplement brillant et efficace.

La remarque s’applique également à Harold Ramis, qui perpétue habilement  sa gloire passagère dans cette histoire de doubles. La suite de sa carrière connaitra le même destin que les tentatives de clonage de Keaton : une lente déliquescence, un retour progressif à l’anonymat du faiseur.

Greg Lauert

A savoir : Si Ramis a pour habitude de faire des apparitions dans de petits rôles dans ses films, il n’apparait toutefois pas dans Multiplicity.

MES DOUBLES, MA FEMME ET MOI de Harold Ramis // 1996 // 117 minutes // 2.35 : 1 // Avec Michael Keaton, Andie McDowell, Zack Duhame, Harris Yulin, Julie Bowen

Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 52)

4 juil

// LE FESTIN CHINOIS – Tsui Hark //

Comment ça, c'est moins romantique que Chungking Express ?

Le festin chinois a été tourné en 1995 mais n’est sorti sur nos écrans que trois ans plus tard, à l’heure de la reconnaissance critique du fondamental nabab du cinéma de Hong-Kong. Pour Tsui Hark, il s’agit d’un film ambivalent, qui marque à la fois la confirmation d’un style et un épanouissement hors du Wu Xia Pian.

Le cinéaste aborde un thème inédit en s’attachant à une histoire de cuisine. Pourtant, aucun élément relevé dans ce Festin chinois n’apparait réellement neuf. Il s’est montré maître de la romance, virtuose dans l’action, habile dans l’humour à bien des occasions. Si le ton burlesque apparait là plus marqué, au point d’évoquer certains standards du muet, ce foutoir généralisé ne saurait surprendre ses aficionados. Le producteur-réalisateur a toujours eu beaucoup de mal à s’attacher à un genre précis, à ne suivre qu’une ligne de récit par film. Le foisonnement, le grand bordel, l’ambition démesurée et bien souvent assumée sont devenus ses marques de fabrique.

Cette folie gagne sa mise en scène. La période est propice à ses expérimentations  graphiques. Le film suit donc le rythme de ses autres long-métrages, alternant entre morceaux de bravoure, coup de mou et errements narratifs. Ce qui importe, justement, c’est le morceau de bravoure, le climax de l’action. Ici, il ne s’agit pas d’un combat de sabre ou d’un duel avec Jet Li, mais de la préparation d’un plat, au cœur des flammes et de la sauce soja.

Si le concept est déconcertant, le résultat serait presque familier.

Un jeune usurier et une apprentie chanteuse sont confrontés à un maitre de la cuisine dans l’organisation d’un somptueux festin. Ils sont proprement incompétents et cherchent donc l’aide d’un virtuose propre à les seconder. Ils vont sortir de sa retraite un génie culinaire déchu, et lui offrir rédemption et réhabilitation. Le Drunken Master retrouvera sa superbe.

Le récit initiatique menant au duel final et à l’accomplissement des laissés pour compte est un ressort classique du film de Kung Fu. Tsui Hark connait la dynamique du genre. Le défi tient dans le fait de remplacer l’épée par le wok. Mais le cinéaste filme la cuisine comme il aborde son genre de prédilection, avec ces angles improbables, ces mouvements d’appareil fabuleux.

Ce qui définit son cinéma, c’est cette incroyable énergie, cette volonté de plier le récit, quel qu’il soit, à ses élans de mise en scène. Le clivage des genres, Tsui Hark s’en moque. Il est le méta-réalisateur. Il filme pour la beauté du geste, pour ne pas oublier et ne pas être oublié du cinéma.

Greg Lauert

A savoir : les mets cuisinés dans le film, comme la trompe d’éléphant, la patte d’ours ou la cervelle de singe sont des plats traditionnels de l’Antiquité chinoise.

LE FESTIN CHINOIS de Tsui Hark // 1995 // 100 minutes // 2.35 : 1 // Avec Leslie Cheung, Kenny Bee, Man Cheuk Chiu, Ka Kui-Ho

Les dilettantes (épisode 6/28)

10 juin

/// Pendant un peu plus d’un an, Guérine Regnaut et Romain Sublon se sont prêtés au jeu de la correspondance cinéphile. Un film, un échange. L’un propose, l’autre répond… é basta!  ///

 

(Lire la suite…)

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.