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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.9)

25 mai

What did you expect ?

Comme chaque année, le jeudi marque le début de la fin du festival. Les séances du marché se font beaucoup plus rares et les sections parallèles touchent bientôt à leur fin. C’est dans un état d’esprit déjà un peu nostalgique que j’aborde la projection de The Paperboy (en photo) de Lee Daniels, présenté en Compétition. La troisième oeuvre du réalisateur de Precious est le premier film américain un tant soit peu amusant de la Compétition. Sur un prétexte de polar dans les Etats-Unis des années 60, le cinéaste signe une espèce de relecture trash de Tenessee Williams où Nicole Kidman serait un clone d’Elizabeth Taylor et Matthew McConaughey tenterait d’être Paul Newman. Rempli de pulsions troubles et de scènes à la limite du grotesque, le film est desservi par la mise en scène paresseuse de Daniels. Les acteurs s’en donnent à cœur joie dans les contre-emplois, mais c’est la chanteuse Macy Gray, toute en ironie et en émotion retenue, qui constitue la véritable révélation du film.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.8)

24 mai

Les acteurs de Io e te sortent de la projection du film.

Peu motivé par le film et convaincu qu’il n’apparaitra pas au palmarès, je décide d’attendre de rentrer au bercail pour découvrir On the Road de Walter Salles. Cette première impasse à la Compétition décidée, j’avale un petit déjeuner des champions (coca / roudor / doliprane) pour me préparer à ma nouvelle journée, qui s’annonce chargée.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.7)

23 mai

A force d’abnégation, notre reporter François-Xavier Taboni a enfin ses entrées à Cannes.

Si la pluie, provoquant des annulations de séances et, pire, de soirées, semble avoir totalement anesthésié les festivaliers pendant deux jours, le soleil revient doucement et la nature cannoise reprend ses droits.

C’est dans cette atmosphère de soulagement que je découvre le très attendu Cogan : la mort en douce, d’Andrew Dominik, présenté en compétition. La déception est à la hauteur de l’attente suscitée par le nouveau film du réalisateur de Chopper. En adaptant un polar de George V. Higgins et en le replaçant dans le contexte de la crise de 2008 et de la campagne électorale de Barack Obama, Dominik veut donner un regard politique sur l’Amérique d’aujourd’hui. Malheureusement, la légèreté de l’analyse et la lourdeur du propos sautent très rapidement aux yeux des spectateurs. Et l’intrigue, extrêmement lâche, n’est prétexte qu’à de lourdes démonstrations de mise en scène, entrecoupée par des numéros d’acteurs totalement usés. La surprenante sobriété de Brad Pitt ne parvient pas à racheter ce ratage qui laisse un arrière-goût d’arnaque assez déplaisant.

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[cinéphilie :] Emmanuel Finkiel

23 mai

Emmanuel Finkiel  était à Strasbourg pour présenter son nouveau long métrage, Je suis (sortie à Strasbourg le 23 mai 2012).

Je suis est un film documentaire, soit un genre qui peut prendre toutes les formes, donc on n’a pas dit grand chose quand on a dit ça.

Dans Je suis, Emmanuel Finkiel, sans négliger sa place de cinéaste, suit trois personnages dont le cerveau a été massivement attaqué et qui tentent de regagner leurs aptitudes corporelles, intellectuelles, mémorielles et émotionnelles.  C’est long, c’est stressant, amusant, touchant.

Emmanuel Finkiel faisant fi de l’heure très matinale de notre rencontre s’est prêté au jeu de la cinéphilie, il réagit aux films suivants.

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Journal d’un CUTien à Cannes (saison 5, ép.6)

22 mai

On a beaucoup à apprendre des personnes âgées…

La pluie de la veille ayant douché mes velléités de sortie, c’est relativement reposé que j’aborde la projection de Vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais, présenté en compétition. Le titre, magnifique, et l’idée que Resnais, proche des 90 ans, refasse un film qui aborde la question de l’au-delà, presque trente ans après L’Amour à mort, séduisent immédiatement. Mais le travail de mise en abyme (Resnais adapte deux pièces de Jean Anouilh), le côté ouvertement théâtral et le bricolage (le terme est de lui) de la mise en scène laissent un peu perplexe au premier abord. Il faudra sûrement revenir à tête reposée sur ce film tellement caractéristique de l’univers de son réalisateur et qui promet de s’enrichir après plusieurs visions.

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