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[à l'affiche :] CAP NORD – Sandrine Rinaldi

21 avr

Loin de DSK, Anne Sinclair s'aère l'esprit.

Le cinéma français est définitivement capable de tout. Une folle énergie est déployée pour le contenir à un caricatural deux pièces-cuisine, mais cela fait longtemps que cette image n’a de valeur que pour les esprits chagrins. Si Cap Nord, deuxième film de Sandrine Rinaldi, n’est pas exempt de défauts (on parlera d’ailleurs plutôt de dérapages contrôlés), il s’agit surtout d’un film audacieux, déroutant et enivrant.

Sandrine Rinaldi filme une fête, comme un éloge à la culture Northern soul. On se saoule aux Fabulettes, Bobbie Smith, The Manhattans, Gloria Jones ou encore Melvin Davis… Le diable au corps et l’esprit qui frétille !  On y parle de mort et d’amour (une fête quoi), on s’oppose (les mots bannis v/s les mots plébiscités, scène culte), on demande l’heure plus souvent que sur un trajet de vacances, on se frotte et on s’esquive. Tu les sens, mes petits guilis-guilis ?

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[dvd :] 17 FILLES – D.&M. Coulin

20 avr

Ed. Diaphana video

Une première lycéenne tombe enceinte, puis une deuxième, puis une troisième, puis une quatrième… puis une dix-septième ! On ne parle pas là de la natalité chez les moins de 18 ans en France ou ailleurs mais bien d’un cas unique où 17 jeunes filles d’un même lycée ont décidé de toutes tomber enceintes au cours de la même année. Un défi, une provocation, pour la beauté du geste ?

Le film de Delphine et Muriel Coulin est inspiré du fait divers survenu en 2008 aux États-Unis, dans la ville de Gloucester, où, on le répète pour le croire, 17 adolescentes ont conclu un pacte sur une année pour tomber enceintes. Les deux sœurs réalisent leur premier film de fiction avec méthode et élégance ; deux qualités pas si souvent associées.

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[dvd :] ANGOISSE – Bigas Luna

18 avr

Ed. Filmedia

Un peu oublié aujourd’hui alors qu’il reste, avec le populaire Jambon, jambon, le film phare de la filmographie très étrange de Bigas Luna, Angoisse sort enfin en DVD dans de très bonnes conditions. Après sa sortie en salles en France, il n’était plus possible que de le voir en VHS en Pan&Scan alors que le travail sur le cadre est essentiel dans ce film où l’implication sensorielle du spectateur est indispensable.

En racontant façon poupée russe l’histoire d’un psychopathe et d’une spectatrice de cinéma terrifiée par le film qu’elle découvre à l’écran, le réalisateur espagnol construit une œuvre véritablement originale. Humour, onirisme, construction du récit surréaliste : Angoisse surprend constamment, tout en restant très cohérent. C’est la mise en scène de Bigas Luna qui parvient à faire tenir sur près d’une heure et demie une idée de cinéma qu’on aurait cru ne pas pouvoir dépasser le cadre du court métrage.

Outre une présentation concise et efficace du film par Fausto Fasulo, de Mad Movies, le DVD propose en bonus un entretien avec Bigas Luna, qui revient sur le film et sur sa carrière singulière. La vision en support numérique permet en outre de découvrir le film en VOST et nous place face à un dilemme : si Michael Lerner et Zelda Rubinstein, qui incarnent le psychopathe et sa mère, trouvent des rôles qui marquent leurs carrières respectives, le reste du casting est loin d’être au niveau. Une vision en VO donne l’occasion de savourer à sa juste valeur le talent des deux comédiens principaux tandis que la VF égalise le jeu des acteurs et permet de plus se concentrer sur le film en lui-même. C’est peut-être une bonne excuse pour voir le film deux fois.

François-Xavier Taboni

[dvd:] WHITY ET LILI MARLEEN – R.W. Fassbinder

17 avr

Ed. Carlotta

En 1971, l’année de tournage de Whity, un western, Rainer Werner Fassbinder, qui n’a pas encore été rendu célèbre par Berlin Alexanderplatz (1980), tourne par moins de trois films et deux téléfilms. Faut-il voir dans cet empressement à filmer coûte que coûte la cause des écueils qui parsèment ce film engagé et brouillon tout à la fois ?

Engagé, Whity l’est comme toute l’oeuvre du bad boy du cinéma allemand. Le réalisateur n’a de cesse de dénoncer la barbarie, l’exploitation de l’être humain, l’esprit bourgeois, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie. Et ce même si, paradoxalement, on l’accuse parfois des maux qu’il étrille. Fassbinder, qui sait si bien cadrer les relents nauséabonds des sociétés à la dérive, qui aime les plans urbains où la population grouille, s’enferre dans ce western social traînant et mal préparé. Bien sûr, son actrice fétiche, Hanna Schygulla est à l’écran. Mais elle peine à paraître crédible en prostituée de saloon avec fume-cigarettes. Les scènes de violences sont sans effet, filmées de loin, et l’on voit encore que les coups sont portés à côté.

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[dvd :] CASINO JACK – George Hickenlooper

13 avr

Ed. Aventi

George Hickenlooper restera dans la mémoire des cinéphiles pour la co-réalisation d’Au cœur des ténèbres, making of légendaire d’Apocalypse now. Décédé en 2010, le cinéaste ne pourra pas compter sur son dernier film, Casino Jack, pour glaner un surplus de crédibilité.

Cette histoire d’arnaque et de malversation au cœur du lobbying américain n’a pour seul argument que son casting. La révélation de la cupidité des membres du congrès, de l’hypocrisie des politiciens, et des failles d’un système fondé sur le pouvoir et l’influence sont des axes éculés. Casino Jack, c’est un récit que vous avez déjà vu, entre les mains d’un meilleur cinéaste ou du moins d’un cinéaste moins cynique et véritablement concerné par son sujet. L’histoire, contée en flashbacks, évolue très vite, sans respiration, sans fond, sur un petit ton de caricature désinvolte.

L’intérêt réside donc dans le fait de s’arrêter sur des gueules, des huitièmes couteaux du cinéma américain, des comédiens qui, pour le meilleur ou le pire, se font rares sur nos écrans. Barry Pepper rejoue le yuppie surexcité, comme aux premières heures de la précédente décennie. Kelly Preston propose sa partition de femme (de scientologue ?) aimante et dévouée. Jon Lovitz trimballe un faciès familier et immédiatement sympathique, sorte de zone de confort du spectateur au sein des pires productions du cinéma américain.

Et puis il y a Kevin Spacey, qui entame les débats par un monologue enflammé justifiant son salaire de professionnel de la profession. Ensuite, il baisse d’un ton, offre quelques éclats de voix, et des imitations dignes de son passage chez James Lipton. S’il est supposé porter le film sur ses épaules, Hickenlooper ne lui offre jamais la possibilité de l’engagement et de la passion. Tout cela apparait très débonnaire.

Et à l’entame du générique, on se dit que le fils spirituel de Jack Lemmon mérite mieux que ce type de métrage insipide et vaguement informatif.

Greg Lauert

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