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[à l'affiche :] CHERCHER LE GARCON – Dorothée Sebbagh

10 mai

Emilie n’a pas trouvé le garçon, mais au moins elle a deux belles boules.

Les technologies de l’informatique au cinéma ne mènent pas seulement à la 3D, j’en veux pour preuve le premier long métrage de Dorothée Sebbagh : Chercher le garçon. Sophie Cattani alias Emilie a la trentaine, elle vit à Marseille (on ne pourra pas la taxer de parisianisme) où elle est dessinatrice, elle est jolie et elle croit encore en la vie mais, à son grand dam, elle est célibataire – le drame de notre époque – et cela dure depuis beaucoup trop longtemps à son goût – le drame absurde de notre époque.

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[à l'affiche :] NANA – Valérie Massadian

24 avr

C'était mieux avant...

C’est assez rare, alors disons-le ; le synopsis de Nana est parfait. “Nana a 4 ans et vit dans une maison de pierres par-delà la forêt. De retour de l’école, une fin d’après-midi, elle ne trouve plus dans la maison que le silence. Un voyage dans la nuit de son enfance.”

Dès le premier plan, on sait que Nana a la force que son âge ne suppose pas. Regardant son papy et ses collègues tuer puis vider un cochon, elle reste impassible et sereine quand nous, gens de la ville, prendrions illico la décision de devenir végétarien (warning trauma : j’ai trop bu = j’arrête l’alcool). Nana est une fille de la campagne, une enfant de la forêt, qui vit avec sa mère et sans son père : rires, travail, ennui, histoires, passion. L’eau, l’air, la vie !

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[à l'affiche :] CAP NORD – Sandrine Rinaldi

21 avr

Loin de DSK, Anne Sinclair s'aère l'esprit.

Le cinéma français est définitivement capable de tout. Une folle énergie est déployée pour le contenir à un caricatural deux pièces-cuisine, mais cela fait longtemps que cette image n’a de valeur que pour les esprits chagrins. Si Cap Nord, deuxième film de Sandrine Rinaldi, n’est pas exempt de défauts (on parlera d’ailleurs plutôt de dérapages contrôlés), il s’agit surtout d’un film audacieux, déroutant et enivrant.

Sandrine Rinaldi filme une fête, comme un éloge à la culture Northern soul. On se saoule aux Fabulettes, Bobbie Smith, The Manhattans, Gloria Jones ou encore Melvin Davis… Le diable au corps et l’esprit qui frétille !  On y parle de mort et d’amour (une fête quoi), on s’oppose (les mots bannis v/s les mots plébiscités, scène culte), on demande l’heure plus souvent que sur un trajet de vacances, on se frotte et on s’esquive. Tu les sens, mes petits guilis-guilis ?

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[à l’affiche :] TWIXT – F.F. Coppola

11 avr

Qui suis-je ; Steven Seagal, Val Kilmer ou un chipmunk ?

Un romancier, manière de « Stephen King du pauvre », s’arrête afin de signer quelques livres dans une bourgade américaine, sorte de Salem au rabais. L’auteur de romans fantastiques (qu’il peine du reste à vendre autant qu’à écrire) est en fin de course : il est alcoolique, désabusé et (vrai problème) il ressemble à un chipmunk en surpoids – on ne manquera pas de louer le naturel confondant de Val Kilmer. Les choses prennent cependant un tour imprévu lorsque le shérif de la crypto-Salem lui propose une collaboration littéraire, intrigue en main : des crimes étranges ont lieu dans la région… n’a-t-il d’ailleurs pas, dans sa petite morgue provinciale, un cadavre transpercé d’un pieu ?

Val Kilmer se prend au jeu et progresse laborieusement dans ses recherches, aidé de l’ambivalent shérif et d’Edgar Poe – car c’est Edgar Poe, le père du roman policier, le poète de la complainte tuberculeuse, qui l’aide à mener son enquête – c’est à dire à écrire son livre – c’est à dire à faire face aux démons du passé ; Edgar Poe  qui lui apparaît en rêve. Oui, cela paraît outrancier et, comme nombre d’autres éléments, difficilement défendable.

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[à l’affiche :] MARTHA MARCY MAY MARLENE

2 mar

Take Shelter 2

Premier long-métrage de Sean Durkin qui avait dernièrement produit le film Afterschool, Martha Marcy May Marlene raconte l’histoire d’une jeune femme fuyant la secte dans laquelle elle avait vécue pendant près de deux ans sans donner aucune nouvelle à ses proches. Elle décide de retrouver sa sœur ainée et de reprendre une vie normale, mais elle ne parvient pas à avouer la raison de sa disparition. Martha est persuadée que les membres de la secte la pourchassent. Illusion et réalité se mélangent et la paranoïa s’installe.

Grandement influencé par le Rosemary’s Baby de Polanski, l’atmosphère du film de Sean Durkin est angoissante. Il ne s’agit pas d’un film d’horreur, ni même d’un thriller ; c’est une plongée dans l’esprit d’une jeune femme qui perd ses repères et qui patauge dans la paranoïa la plus totale. La réussite du film est notamment de parvenir à rendre le spectateur aussi paranoïaque que sa protagoniste. Le montage passe du présent au passé de son personnage par des transitions pour la plupart très efficaces, le spectateur découvre peu à peu les raisons de sa méfiance, et on a la crainte, comme elle, que quelque chose arrive.

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