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Le 23 janvier, dans les salles…

22 jan

/// Si La Neige nous le permet, voici une sélection de quelques nouveaux films, à voir en salles dès demain, à l’aide de photos-légendes pertinentes et dispensables. ///

BLANCANIEVES – Pablo Berger

Bla Bla

Le mariage pour tous a quand même des limites.

LE DERNIER REMPART – Kim Jee-won

Bla Bla

Clint Eastwood dans son plus beau rôle depuis l’inspecteur Harry.

COOKIE – Léa Fazer

Bla Bla

Tu vois là c’est ton papa dans son plus beau film, Rush hour 3.

ZERO DARK THIRTY – Kathryn Bigelow

Bla Bla

I’m sorry Dave, I’m afraid. I can’t do that.

MAX – Stéphanie Murat

Bla Bla

La campagne 2013 de sensibilisation aux hémorroïdes joue la carte du bonheur.

[agitation :] REPLIQUES – Revue d’entretiens

8 jan
Ed. Répliques

Ed. Répliques

On peut l’envisager ainsi ; Répliques est une revue que beaucoup de cinéphiles ont rêvée.

Pilotée par Nicolas Thévenin, avec la complicité de Morgan Pokée et Tifenn Jamin, Répliques est dédiée à l’exercice, délicat et jouissif, de l’entretien. « Chaque entretien est la formalisation d’une rencontre, d’un intérêt et d’une confiance dont le résultat est le parcours minutieux d’un territoire filmographique (…) A raison de deux parutions par an, Répliques vous propose d’accompagner les films des obsessions et réflexions de ceux qui les confectionnent ou les diffusent », écrit Nicolas Thévenin dans sa mise en bouche. L’édition d’une revue est une nouvelle activité pour cette association nantaise qui jusque-là œuvrait en organisant des rencontres en salle autour de films et en animant une émission de radio hebdomadaire sur la station nantaise Jet FM 91.2.

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[cinéphilie :] Olivier Assayas

18 nov

La jeunesse, cette racaille.

Olivier Assayas était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, Après mai (sortie le 14 novembre 2012).

On pourrait croire à une fresque post soixante-huitarde, il n’en est rien ! Olivier Assayas filme la jeunesse, son énergie, son engouement, son sens politique mais aussi une forme d’inconséquence. Après mai est très réussi quand ça ne parle pas ; les corps, les lieux, les déplacements et les silences sont d’une qualité oubliée. Puis, quand vint la parole, elle tourne très vite au bavardage et on se prend à rêver d’un film muet. Après mai marque un tournant dans la filmographie d’Assayas. Ou un retour en arrière ; un joli film, fragile comme l’époque dont il se souvient.

Nous parlerons ou non de Après mai dans la prochaine émission de CUTlaradio, en attendant Olivier Assayas réagit à une petite série de films.

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[cinéphilie :] Noémie Lvovsky

16 sept

On veut tous savoir ce qu’il y a là-haut !

Noémie Lvovsky était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, Camille redouble (en salles depuis le 12 septembre). Un film parfait pour la rentrée.

Noémie Lvovsky joue elle-même le personnage de Camille, qui revisite sa vie. C’est pratique, pour tout comprendre et tout changer – dans tes rêves ! C’est flippant, aussi, forcément. Camille redouble est un film dépressif et (donc ?) joyeux. Il y a un sentiment étrange qui habite le film, cette idée de vouloir sauter dans le vide – mais ayant pris soin d’accrocher un élastique avant. Camille redouble fait écho au précédent film de Noémie Lvovsky, Faut qu’ça danse !, et reformule cette grande question universelle « que se passe t-il après la mort ? » ainsi : « que se passe t-il après chacune de nos petites morts ? » Oui, c’est vraiment flippant.

Camille redouble est aussi un grand film d’amour.

Fatiguée mais (donc ?) joyeuse, Noémie Lvovsky se souvient des films qu’on lui soumet…

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[agitation :] De Groland au Grand soir

27 juin

Ed. Capricci

Le livre De Groland au Grand soir est un grand entretien, mené par Hervé Aubron et Emmanuel Burdeau, avec les messieurs Gustave Kervern et Benoît Delépine. Deux textes, courts et analytiques, précèdent cet entretien fleuve ; le premier Après le travail, signé Emmanuel Burdeau, revient sur les films signés par le duo (Aaltra, Avida, Louise Michel, Mammuth et donc Le grand soir) et le deuxième Notes sur Groland, signé Hervé Aubron, épie le phénomène Groland avec envie. Puis vient le grand entretien : 187 pages, dont quelques photos, des notes de tournage de Avida et un dessin, forcément superbe, de Blutch.

Il faut d’abord applaudir de ses deux mains – fraîchement libérées du poids d’une cannette pour l’une, d’un canon pour l’autre – le projet en tout points salutaire. L’entretien est un exercice en voie d’extinction et le tandem Burdeau-Aubron lui redonne là quelques belles couleurs (et raisons d’espérer en de jours meilleurs).

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[cinéphilie :] Benoît Delépine

14 juin

La voiture présidentielle normale, d’un président normal.

Il y a eu Aaltra, puis Avida, puis Louise-Michel, puis Mammuth et maintenant Le grand soir (en salles depuis le 6 juin). L’œuvre du duo Gustave Kervern/ Benoît Delépine prend de l’ampleur. Et quand on sait d’où ils viennent !.. Un vrai message d’espoir pour tous les cinéastes. Dans Le grand soir, Kervern et Delépine réunissent Poelvoorde et Dupontel ; 2+ 2 = la quadrature du cercle. Avec pour tangente la déesse de la patate, Brigitte Fontaine.

Le grand soir donc, un vrai bon film à géométrie variable. Qui déroute et qui surprend, mais qui, aussi, sait suivre sa ligne tracée à la règle. Un film drôle mais pas si drôle, où l’on trépigne et où l’on s’ennuie. Un film que l’on croit décevant, qui s’avère fascinant et que le temps va porter haut, assurément.

En forme, Benoît Delépine s’est prêté au jeu de la cinéphilie en livrant ses impressions et/ou souvenirs des films suivants.

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CE QU’IL RESTERA DE NOUS – Vincent Macaigne

15 mai

Manifestement, il n’y aura pas de Taxi 5.

On avait quitté Vincent Macaigne dans un monde sans femmes, on le retrouve dans un monde sans père. Dans le très beau premier film de Guillaume Brac (Un monde sans femmes, donc), il était acteur. Là, il enfile le costume de réalisateur ; avec le même succès, avec la même finesse. Dans les deux films, il est question d’un trio. Une mère, sa fille, et un homme qui se voudrait disponible dans Un monde sans femmes, deux frères qui ont perdu leur père et la femme de l’un d’eux dans Ce qu’il restera de nous. On arrête là la mise en parallèle (la poursuivre relèverait de l’acharnement).

Ce qu’il restera de nous est une plongée dans un monde de bruit et de fureur, qui revisite un temps le mythe du fils prodigue. Deux frères perdent leur père ; l’un l’a renié, vit dans une R5 pourrie qu’il fera cramer et dessine pour vivre (au sens où l’on résiste à la mort), l’autre est marié, a fait HEC pour plaire au père et multiplie les stages chez l’Oréal pour vivre (au sens d’exister). Mais c’est le frère sans le sous et qui n’en veut pas qui a hérité des 30 000€ et de la maison. L’autre en a besoin. Il est alors question de haine, de colères, de frustrations, de ressacs.

Ce qu’il restera de nous est un long cri. Un exutoire pour ne pas sombrer. Chaque personnage devient transparent, translucide. Plus rien n’est caché, plus aucun mot n’est gardé secret ; il ne restera rien d’eux puisqu’ils livrent tout. Corps et âmes.

Vincent Macaigne a offert à son film l’énergie immense qu’il faut pour approcher la mort d’un parent. Ce devrait être éreintant, c’est excitant. Ce devrait être morbide, c’est vivant. Vincent Macaigne s’autorise les contre-temps, le burlesque, l’outrance, toutes ces qualités si souvent pointés du doigt en pareilles circonstances. Son film, tant par sa forme tout entière dévouée au fond que par son propos, étonne et gratte. C’est un caillou dans la chaussure. Et avant de l’enlever, on tient à faire encore quelques pas. Avoir mal pour se sentir vivre.

Romain Sublon

NB : voir le court entretien avec Vincent Macaigne, qui donne quelques clés de compréhension.

CE QU’IL RESTERA DE NOUS de Vincent Macaigne // Avec Thibault Lacroix ; Anthony Paliotti et Laure Calamy // 40 minutes – Bientôt disponible en dvd (Kazak productions)

[agitation :] PETITS MOMENTS D’IVRESSE – Gustave Kervern et Stéphanie Pillonca

11 mai

Ed. Cherche Midi

S’il ne fallait retenir qu’un seul dialogue de ce livre (et ce serait dommage tant les autres valent aussi le coup – mais cédons à la tentation du hit), ce serait celui-ci :

- Vous buvez beaucoup ? (demande Stéphanie Pillonca à Fernando Arrabal)

- Non, je bois comme un pigeon qui boit.

Le pari pris par les deux auteurs Gustave Kervern (la caution comptoir de Groland) et Stéphanie Pillonca (la caution sobriété du livre), et ce n’est pas un mince exploit, est de dire l’indicible ; parler d’alcool. On le fait tous, mais sans jamais réussir à se faire comprendre – soit parce que l’on est encore bourré ("mais non j’suis pas bourré !") soit parce que l’on refuse l’idée que la sensation d’ivresse ne puisse être partagée ("mais si, tu vois c’que j’veux dire, quand t’es bourré et que…"). En partant à la rencontre de grands (et moins grands, il faut bien le reconnaître) artistes français/francophones pour des entretiens au long cours (une bénédiction dans ce monde flash and go), Gustave Kervern et Stéphanie Pillonca livrent de beaux portraits en creux.

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