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[à l’affiche :] TURN ME ON!

20 jan

La vie est belle.

Turn me on raconte l’histoire d’Alma, une adolescente de quinze ans dont l’entrejambe crie famine. Elle vit dans un patelin norvégien perdu dans les fjords dont les seules distractions demeurent les moutons, les tracteurs et les arbres. Le sexe est devenu pour Alma une obsession ; elle crève d’envie de faire sa première fois.

Pour assouvir son besoin de sexe, elle utilise le téléphone rose, son imagination et se masturbe presque aussi souvent qu’un mec célibataire. Alma est amoureuse d’Arthur, un adolescent beau gosse qui sait bien jouer de la guitare et qui, lors d’une fête, profite d’un instant intime avec Alma pour… lui montrer sa bite. Le plus naturellement du monde. Geste mystérieux, geste inquiétant. Alma le raconte à ses amies, ses amies posent la question à Arthur, Arthur nie la vérité, Alma est traitée de menteuse. Mais ce jugement va bien plus loin : ses jeunes camarades du lycée offrent à Alma le sympathique surnom d’Alma-la-bite, se retrouve marginalisée et perçue comme une menteuse et une salope…

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[dvd:] LA PERMISSION DE MINUIT – Delphine Gleize

5 oct

Ed. Studio 37

Romain, un adolescent de 13 ans, souffre du XP. C’est un « enfant de la lune » qui vit à l’écart de la lumière, élevé seul par sa mère. David a 50 ans, il est professeur en dermatologie et soigne Romain depuis son plus jeune âge. Une forte amitié semble les lier. Jusqu’au jour où David obtient une mutation qu’il n’attendait plus.

Il y a quelques semaines, mon cher confrère Greg Lauert m’a dit « Je crois que tu as chopé le dvd que personne ne voulait. Bonne chance ! » C’est donc dans une certaine appréhension que s’est déroulé le visionnage du film de Delphine Gleize… Le pathos, la déprime, la lenteur nonsensique risquaient d’être au rendez-vous, mais bien sûr, l’intuition masculine étant constamment à côté de la plaque, La Permission de minuit s’est révélé comme une surprise. Bonne, mais pas complètement non plus.

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[dvd:] MEAN STREETS – Martin Scorsese

18 mai

Ed. Carlotta

Après une projection privée de Boxcar Bertha, le deuxième long-métrage de Martin Scorsese, John Cassavetes a pris Scorsese dans ses bras pour lui dire « Tu viens de passer un an de ta vie à faire de la merde. » Appuyé par John Milius, Cassavetes a conseillé Scorsese d’aller à l’essentiel, de faire quelque chose de plus personnel. Ce qui le motiva à terminer le script de Mean Streets qui sera réalisé en 1973.

Pour résumer le film, il se passe dans le quartier de Little Italy, à New York, et observe quatre amis malfrats qui vivent de combines. Charlie traverse en quelque sorte une crise spirituelle et, aidé par son oncle, a l’espoir de devenir patron d’un restaurant et ainsi d’avoir une meilleure vie. Mais il a Johnny Boy sous son aile qui vivote en collectionnant les dettes et créé une tension constante au sein du clan…

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[dvd :] LE VILLAGE DES OMBRES – Fouad Benhammou

22 avr

Ed. Distrib Films

Un groupe de potes veut passer le week-end dans un village appelé Ruiflec, mais arrivé là-bas (en pleine nuit sous une pluie battante), certains disparaissent mystérieusement et les autres vont essayer de les retrouver dans ce village (abandonné, soit dit en passant) cachant une macabre histoire.

Le Village des ombres est une épreuve douloureuse. Pas du tout comme Martyrs pouvait l’être à un autre niveau, ici il s’agit d’une lutte incessante contre le démon de l’inconscient, le grand manitou du sommeil.

Fouad Benhammou est très franc quand il aborde ses influences : ayant toujours affectionné le cinéma fantastique espagnol, avec ce premier long-métrage le réalisateur a voulu en quelque sorte offrir un hommage. Techniquement parlant, nous sommes encore très loin du compte, et l’histoire proposée dans ce village imaginaire dont le choix du nom relève du mystère n’est guère captivante. Avec Le Village des ombres, nous abordons L’Orphelinat du pauvre, L’Echine du Diable des poubelles, Les Autres version couillon, ce qui rappel à quel point le Saint Ange de Pascal Laugier était une tentative grandement sous-estimée. Bien que la réalisation ne soit pas honteuse, elle reste désincarnée et complaisante, presque digne d’un téléfilm qui serait tourné en scope. L’ennui se fait ressentir cruellement de bout en bout, le film devient presque une punition.

Les acteurs, loin d’être mauvais (à part Barbara Goenaga qui prête un peu à sourire), mais handicapés par des dialogues ringards, tentent de donner le meilleur et le plus simple d’eux-mêmes sans parvenir à un résultat réellement convaincant et tirer le spectateur d’un sommeil profond.

Contrairement à ce qui peut être pensé, il est toujours douloureux d’enfoncer un film de genre français et peut-être qu’on en attend parfois trop de la part de jeunes premiers. Mais le résultat n’offre aucune autre option : Le Village des ombres est à ranger dans votre dvdthèque « pourquoi j’ai ça chez moi ? » aux côtés des tentatives les plus médiocres du cinéma de genre français, à placer juste entre Brocéliande et Dante 01.

Le DVD édité par Distrib Films n’est pas trop mal fourni côté bonus : un commentaire audio du réalisateur et du scénariste et le making of de 24 minutes viennent donner la raison de vivre de cette galette car Fouad Benhammou aborde ici les différentes difficultés techniques qu’il a pu rencontrer et parle avec sincérité de ses influences.

Rock Brenner

Journal d’un CUTien à l’Etrange (saison 4, ép.5)

11 avr

"Ne t'inquiète pas, Jake, Prince of Persia c'est du passé."

Pour bien démarrer la journée des enfants, je me donne le droit de louper la séance d’Aladin et la lampe merveilleuse. Non seulement pour mon bien, mais aussi pour celui des autres. Mon esprit mal tourné peut difficilement ne pas percevoir une quelconque allusion sexuelle involontaire dans un dessin animé quel qu’il soit. Je garde alors mes forces pour Le secret de la pyramide projeté à 14h. En entrant dans la salle, je vois ce cher Greg Lauert avec sa fille. Il me fait remarquer que mon assiduité laisse à désirer (« Ah, tu loupes Aladin, toi ? »), ignorant que mon absence n’était qu’un cadeau pour son enfant.

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Journal d’un CUTien à l’Etrange (saison 4, ép.4)

10 avr

L'exposition cachée de l'Etrange Festival.

Ayant honteusement raté la soirée porn de vendredi soir à l’Etrange, je suis alors en très grande forme pour attaquer cette journée ensoleillée dans une salle obscure du cinéma Star. La séance de 14h propose une projection intrigante surnommée Aux origines des étoiles qui présente des vieux courts-métrages de science-fiction censés avoir inspiré les plus grands (on nous promet de percevoir des connections avec le cinéma de Roger Corman, le film 2001 l’odyssée de l’espace ou encore L’empire contre-attaque).

Mais avant cela, en guise de préliminaire, nous avons droit à un court-métrage récent titré E-Pigs. Je n’en dirai pas plus. Aux origines des étoiles ne commence pas du tout avec un court-métrage, mais plutôt un moyen d’une durée approximative d’une heure. Et il s’agit plus précisément d’un documentaire russe traitant de la conquête spatiale, de l’invention de la fusée, etc… Intéressant, surtout en sachant que les effets spéciaux réalisés pour le film ont été rachetés par Roger Corman dans le but de les introduire dans ses propres films. Le film suivant est un délire visuel de dix minutes très proche de la dernière partie de 2001 l’odyssée de l’espace. Planant et parfois amusant, le film est agréable à regarder et nous laisse libre d’y voir ce que nous voulons. Une expérience qui n’aura pas emballé la salle. Il était censé y avoir un troisième film, mais finalement, non.

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[dvd :] ONCLE BOONMEE, CELUI QUI SE SOUVIENT… – Apichatpong Weerasethakul

27 fév

Ed. Pyramide Vidéo

« C’était lent et en plus j’ai rien compris ! », pouvait-on entendre à la fin d’un visionnage d’Oncle Boonmee. Ou encore : « J’ai pas tout compris, mais c’était beau ». Paroles intrigantes ; peut-on apprécier des images sans en comprendre le sens ? Sûrement. L’apprécier à sa juste valeur ? Discutable. Une chose est certaine, les émotions ressenties durant un film comme Oncle Boonmee grignotent notre réflexion sur notre rapport avec le cinéma en raison de certains partis pris de réalisation qui se démarquent des productions « traditionnelles ». Evidemment, le réalisateur Apichatpong Weerasethakul n’est pas le premier à effectuer cela, et, comme souvent avec ces partis pris, l’œuvre en question peut être autant soporifique qu’étonnante.

Inutiles de résumer le film, le titre (Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures) en dit déjà beaucoup, il est l’adaptation plus ou moins libre du livre A Man who can recall his past lives qui raconte l’histoire vraie de cet homme, Boonmee, qui révélait que lorsqu’il entrait en méditation, il pouvait faire revenir ses existences passées. Comme le Boonmee du film, dans ses vies antérieures, il était peut-être un homme, une femme, un animal ou un esprit. Sujet que Weerasethakul avait déjà légèrement abordé au cours d’une séquence de son film Tropical Malady réalisé en 2004.

En faisant ce film, le réalisateur thaïlandais a voulu rendre hommage à l’endroit où il a grandit, près d’une jungle qu’il considérait comme une maison à part entière. D’ailleurs, dans Oncle Boonmee, cette jungle y est montrée avec une affection apparente, on y ressent la quête d’une sensation qui est impossible au réalisateur de retrouver aujourd’hui, la jungle étant devenue un terrain hostile bien plus proche de celle montrée dans l’hypnotisante seconde partie de Tropical Malady que de celle de son dernier film. Weerasethakul aborde les vieilles légendes qui ont bercées son enfance, comme celle des esprits rôdant dans la jungle qui sont ici représentés par de grands singes aux yeux rouges. C’est entre autres avec cette représentation que le film devient étonnant : l’idée du grand singe peut faire sourire, mais sa première apparition suscite une émotion difficile à saisir, le spectateur ressentant un effet de surprise mêlé avec une forme d’inquiétude qui, cependant, n’a rien à voir avec celle ressentie face à un quelconque film fantastique ou d’horreur. Comme si à travers cette image, le réalisateur voulait non seulement nous surprendre, mais aussi nous faire comprendre qu’il n’y a rien à craindre. Et cette volonté est exprimée durant la quasi-totalité du long-métrage.

La sincérité et la simplicité du réalisateur, voulant essentiellement faire appel aux sens du spectateur, et les qualités indéniables de la photographie rend l’expérience séduisante. Le rythme très lent du film a tendance à le rendre parfois difficile à suivre, et arrivé au terme de ce voyage il serait inconcevable et bête de se dire « ouais, j’ai tout compris », voire même de chercher à tout comprendre, parce que sa substantifique moelle est tellement personnelle qu’une quelconque conclusion nous éloignerait encore plus de la vérité. Il est difficile de décortiquer ce que l’on ressent face à un film comme Oncle Boonmee qui est construit comme un « rêve étrange et beau » (dixit Tim Burton) obsédé par le thème de la mémoire.

Edité par Pyramide Vidéo, le dvd d’Oncle Boonmee offre le minimum (qui est largement suffisant ici) en proposant sept scènes coupées, deux bandes annonces, mais aussi un entretien de 16 minutes avec Apichatpong Weerasethakul qui aborde la genèse du film, mais aussi les différentes interrogations que suscite son œuvre. L’autre bonus intéressant est celui du court-métrage Lettre à Oncle Boonmee, prélude au long d’une durée de 18 minutes dans lequel le réalisateur s’adresse à oncle Boonmee pour lui parler de son désir de réaliser un film sur sa vie.

Rock Brenner

[dvd :] PARC – Arnaud des Pallières

13 oct

Ed. Montparnasse

Georges Clou a une femme, un fils, un chien, un boulot stable, une maison luxueuse au Parc (ville privée bourgeoise sur la Côte d’Azur) et il va à l’église le dimanche. Paul Marteau est un bel homme solitaire et mélancolique qui supporte mal le monde, mais désir tout de même y appartenir. Il s’installe au Parc, les deux hommes se rencontrent, deviennent amis. Marteau trouve un nouveau but dans la vie : réveiller le monde en crucifiant l’idéal qu’incarne Georges Clou.

Difficile d’avoir un avis fixe face à une œuvre telle que Parc parce qu’elle est intéressante autant qu’agaçante. Intéressante car sa mise en image regorge de qualités : Arnaud des Pallières tient ses distances et installe une atmosphère fragile, sombre, d’un calme inquiétant qui laisse croire à une future explosion des plus violentes. Pour arriver à cela, le réalisateur choisit de jouer avec son spectateur en déconstruisant son scénario sans jamais oublier une pièce du puzzle. Parc reste cohérent jusqu’à son final et sa déconstruction prend sens au fur et à mesure. Arnaud des Pallières, apparemment amoureux des visages masculins de son casting, filme les excellents Sergi Lopez, Jean-Marc Barr et Laurent Delbecque avec une attention irréprochable, mais aussi avec une certaine amertume ; aucun personnage ne vaut mieux ou moins qu’un autre, le milieu social privilégié dans lequel ils sont leur donne l’impression de vivre loin des soucis d’un monde proche de l’apocalypse, ils ne s’en préoccupent que très peu (ils lisent le journal, regardent les infos pour se donner bonne conscience) et oublient presque leurs propres vices. Et c’est ici que le film devient agaçant…

Optant pour l’idée que le danger provient toujours de l’intérieur, Parc s’engouffre dans une critique sociale qui ne manque pas de donner une impression de déjà vu et entendu : on s’approche de plus en plus du Septième continent de Michael Haneke (en beaucoup moins intéressant) tout en adoptant une démarche similaire à celle de Gus Van Sant période Elephant et en faisant même du coude à la Society de Brian Yuzna (en beaucoup moins fun). Parc ne se veut pas enragé, il se veut comme une expérience à la limite du fantastique, observatrice et réfléchie, d’une violence plus interne qu’explicite. Mais la retenue du film gâche la tension présente et laisse place à un ennui des plus frustrants. De temps en temps, la réalisation arrive à prendre le dessus et fouette notre rétine avec une force étrange, mais elle finit toujours par se ranger, devient timide. Arnaud des Pallières présente une fin qui laisse perplexe et inspire finalement une forme de complaisance. Parc démarre en tentant de se démarquer du lot pour finir par se fondre dans la masse malgré une proposition de départ assez captivante qui ne politise jamais trop son sujet et le milieu social qu’il décrit.

Le dvd proposé par les éditions Montparnasse n’offre malheureusement aucun bonus en rapport direct avec Parc, préférant intégrer un documentaire du même réalisateur datant de 1999 : Is Dead (portrait incomplet de Gertrude Stein). Une série d’archives mélangées avec des images contemporaines autour de l’œuvre et la vie de l’écrivain Gertrude Stein… Peut-être qu’il vaut mieux connaître l’œuvre de l’écrivain en question pour trouver un quelconque intérêt à ce portrait.

Rock Brenner

[agitation :] Comédie, mode d’emploi – Judd Apatow

29 sept

Ed. Capricci

A la question « tu connais Judd Apatow ? » la réponse est souvent négative, pour la simple raison que ses films n’ont pas vraiment de notoriété en France. Et lorsque les titres des films sont enfin cités (40 ans, toujours puceau, Supergrave, Rien que pour vos cheveux, Frangins malgré eux, Délire Express, En cloque, mode d’emploi, American Trip…), il est difficile d’être pris au sérieux (surtout avec des titres français aussi merdiques) et ils demeurent automatiquement rangés dans la catégorie « comédies stupides » par des personnes n’ayant même pas pris la peine d’enfiler leur rôle de spectateur (actif) pour ces œuvres. Problème que Judd Apatow avoue lui-même avoir rencontré dans sa jeunesse lorsqu’il écoutait dans son coin les enregistrements de Bill Cosby, prenait son pied devant les délires de Steve Martin au cinéma et ne manquait pas une seule émission du Saturday Night Live ou du Tonight Show. Désormais devenu un nom incontournable aux Etats-Unis et auprès des cinéphiles amoureux de comédies, Judd Apatow a déjà marqué l’histoire du cinéma américain et de la comédie, comme ont pu le faire John Hughes pour les Teen Movies ou John Waters pour le cinéma trash, grâce à une découverte conséquente de talents comiques (Seth Rogen, Jonah Hill, Jason Segel…) et des sujets mettant en avant des personnages complexes et complexés (des underdogs) qui luttent sans cesse pour parvenir à la paix intérieure. Et c’est dans le but de mieux cerner le personnage de Judd Apatow et son travail qu’Emmanuel Burdeau propose cet entretien de plus d’une centaine de pages.

Apparaissant comme un être constamment angoissé par l’avenir (« J’ai toujours l’impression qu’une catastrophe va surgir à chaque coin de rue. Mieux vaut donc y penser à l’avance. La capacité à anticiper les problèmes peut faire de vous un bon producteur et un bon réalisateur. »), Judd Apatow retrace sa vie, de son enfance obsédée par la comédie à ses premiers pas dans le monde du stand-up et de la télévision, de ses premières rencontres déterminantes (Ben Stiller, Adam Sandler) à l’accomplissement de son œuvre, sans langue de bois et avec une lucidité frappante. Apatow profite de cet entretien pour faire part de ses peurs, ses obsessions, ses difficultés, ses regrets, qu’ils soient présents ou passés, plus que pour parler des différents plaisirs qu’il a pu prendre au long de sa carrière. Le réalisateur, producteur et scénariste est en constante réflexion sur lui-même et, comme dans ses films, explore le comportement humain au travers de ses expériences personnelles tout en étudiant la vie de la comédie au cours des trente dernières années.

Les questions d’Emmanuel Burdeau portent aussi bien sûr sur les films du monsieur qui tient à mettre les points sur les i avec les œuvres qui fâchent : Funny People en tête. Film très personnel et très incompris, souvent critiqué pour son contenu (volontairement) non-comique, sa réalisation peu élaborée malgré un gros budget et sa durée de 2h25 (« Transformers dure 2h24, et Funny People ne pourrait pas durer 2h25 ?! J’ai des trucs à dire, ça va prendre du temps. »), Apatow n’aborde pas le film comme un échec, mais regrette qu’il n’ait pas été bien entendu. Très sage, le réalisateur réfléchit sur l’impact que le film a pu avoir sur son public et pense qu’il s’agit d’un film qui demande du temps.

Rares sont les œuvres comiques actuelles qui (se) posent autant de questions que celles de Judd Apatow, l’entretien est à l’image de celles-ci à une exception près : il ne fait pas rire. Ce qui n’en fait pas un défaut pour autant, l’entretien expose toute la complexité et même la beauté d’une  passionnante personnalité comme Apatow qui semble bien plus proche de ses personnages qu’on ne voudrait le croire : « Je suis George. Je suis Ira. (les protagonistes de Funny People joués par Adam Sandler et Seth Rogen, ndlr.) J’ai été les deux à différents moments de ma vie (…) Je suis Ben (Seth Rogen dans En cloque, mode d’emploi, ndlr.), le jeune agité qui essaie de grandir et se demande comment ça va se passer avec Alison, s’il saura s’occuper d’elle, de l’enfant… Je suis le puceau de The 40 Year Old Virgin, bien davantage que je ne voudrais l’avouer. Mal à l’aise, angoissé à l’idée qu’on découvre que je suis un freak, tout le contraire de ce que je voudrais être. »

Rock Brenner

Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ep.6)

20 sept

Ce soir, c'est la fête.

Après avoir assisté à la première partie de « La nuit Star Wars sans Star Wars » et donc au très peu intéressant documentaire The People vs George Lucas d’Alexandre O. Philippe (aussi membre du jury) je me suis empressé de me coucher pour être en pleine forme pour la dernière journée du festival. La projection de Baba Yaga dans le cadre de la rétro Italian Pop en présence son réalisateur Corrado Farina s’impose comme une bonne idée pour démarrer cette journée. Erreur : une inexplicable série de mini-siestes m’a empêcher de jouir pleinement du film (vous avez envie de me frapper ? je vous y aiderai volontiers).

Pour résumer, le film se situe au début des 70’s et suit une jeune photographe qui rencontre une étrange femme qui se fait appeler Baba Yaga. La photographe se met à avoir d’étranges visions pour la plupart érotiques. Corrado Farina explique avant la projection qu’il voulait faire un film qui mêle deux de ses plus grandes passions : le cinéma et la bande dessinée (le film est inspiré d’une BD de Guido Crepax) tout en intégrant quelques clichés Pop Art comme pour s’en moquer. Le milieu artistique dans lequel vit la protagoniste est décrit avec ironie, la parodie (gentille) de Blow Up d’Antonioni n’est pas loin. Seulement, la lenteur du film ne permet de garder une attention véritable face à toutes les étrangetés que Farina a voulu nous faire partager. On pense un peu au sympathique délire de Tinto Brass avec Nerosubianco, mais surtout au Season of the Witch de George A. Romero (mais sans être aussi chiant). Inutile de répéter que mon attention était très approximative, la séance a été pour moi entrecoupée de réveils hallucinés face à des séquences érotiques qui vont d’expériences BDSM à la découverte du corps nu et mûr de la Baby Doll de Kazan, la charmante Carroll Baker. Arrivé au terme de la projection, il m’était impossible de trouver une question vraiment intéressante à poser au réalisateur. Un peu comme toute la salle, d’ailleurs, qui était occupée par six ou sept spectateurs. Farina ne se démonte pas et répond très gentiment aux questions les plus simples et nous remercie même d’être resté jusqu’à la fin du film étant donné qu’il divise toujours le public.

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