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Bobby Sands versus James Bond

13 nov
A Belfast, les bus sont Bondés

A Belfast, les bus sont Bondés

Deux films ont dominé ces dernières semaines l’actualité cinématographique en Irlande du Nord. Tout d’abord ce fut évidemment la sortie du dernier épisode du plus britannique des super héros, James Bond, et ensuite la reconstitution d’un épisode historique de la lutte indépendantiste en Irlande du Nord : la Hunger and No-Wash Protest menée par Bobby Sands en 1981.

Tout semble opposer ces deux films. D’un côté l’une des plus longues franchises de l’histoire du cinéma, des moyens colossaux, un réalisateur mercenaire (Marc Forster), et une apologie d’une icône de la culture britannique, à qui Harry Potter a toutefois foutu un petit coup de vieux. De l’autre, Steve McQueen, artiste vidéo, lauréat du Prix Turner, signe un premier film de fiction audacieux sur un épisode réel du temps des Troubles : la grève de la faim entamée par des prisonniers de l’IRA pour forcer le Royaume-Uni de Thatcher à leur conférer le statut de prisonnier politique.

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Where in the world is Osama Bin Laden ?

17 juil

On the road again ? Oui, le mois dernier, seulement trois jours après mon arrivée à Belfast, j’ai pu assister à mon premier film sur le sol irlandais (ou britannique ? choisissez votre camp !) au Queen’s Film Theatre (cf photo, oui c’est bien un cinéma!), le cinéma de l’université de Belfast, celui qui a la programmation la plus originale et la plus internationale de la ville. Et qu’ai-je vu ? « Where in the World is Osama Bin Laden ? » le nouveau documentaire de Morgan Spurlock, qui a eu son heure de gloire avec « Super Size Me ».

Spurlock est à Michael Moore ce que Quick est à McDonald : un digne émule, avec une image moins dégradée et écrasante, qui a adopté sa façon de se mettre en scène dans ses propres documentaires, mais qui a eu la bonne idée de ne pas tomber dans la propagande démagogique. Cependant, la réelle marque de fabrique de Spurlock, c’est de se mettre en danger, de jouer sa propre santé, sa propre vie, et ici évidemment l’intitulé du film laisse à penser qu’il va devoir payer de sa personne, physiquement parlant, tel le héros d’un bon film d’action hollywoodien où un homme, un vrai prend à bras le corps le destin du monde pour aller botter les fesses du méchant ! Et quel méchant en l’occurrence, l’ultimate bad guy en personne : Oussama Ben Laden !

Comme toujours Spurlock prend son sujet (et sa santé et sa sécurité) très au sérieux. Il commence donc par prendre des cours d’autodéfense, des vaccins, des leçons d’Arabes, et même apprendre à gérer les situations où il pourrait être pris en otage (Ingrid Betancourt appréciera…). Mieux vaut prévenir que guérir, n’est-ce pas ? Séquences amusantes, et ô combien futiles, puisqu’au bout d’une heure et demie, en sortant de la salle, on est sidéré de voir combien tout son périple se déroule de façon plutôt chaleureuse, amicale, à l’opposé de tous les préjugés américains (et occidentaux en général) sur les pays Arabes. Les gens d’Egypte, du Maroc, d’Afghanistan lui ouvrent leurs bras et leurs cœurs avec une franchise et un sourire qui font plaisir à voir !

En Arabie Saoudite, les choses sont plus tendues, la moindre interview est surveillée, mais au moins peut-il dialoguer, tandis qu’en Israel il manque de se faire lyncher par des Juifs Orthodoxes qui refusent la moindre de ses questions. Certainement la séquence la plus glaçante et la plus paradoxale, compte tenu des liens USA-Israël. Bien évidemment, on se doute qu’on n’en apprendra pas davantage sur Ben Laden à la fin. A vrai dire, on s’en fiche bien, de Ben Laden, et Spurlock le premier. Son film n’a rien de révolutionnaire, il vient sans doute trop tard pour être de première importance, et n’apporte rien à ce qu’on connaissait déjà sur la situation politique mondiale, et le double jeu de la diplomatie américaine de ces trente dernières années, mais il a cette qualité d’aller au devant de toute une galerie de gens et de les montrer sous un jour humain, souriant, positif, loin des poncifs, loin des peurs et des fictions hollywoodiennes. La bonne humeur qui s’en dégage est communicative et donne même à penser qu’il reste de l’espoir pour l’humanité. Et, dans le contexte actuel (tremblements de terre, inflation, prix de l’essence, guerres, famines, Domenech reconduit à la tête de l’équipe de France…) c’est déjà pas mal !

 

QUIZ !

29 juin

Bonjour from Belfast !

On se plaint souvent de la traduction française des titres de films étrangers, mais qu’en est-il des traductions anglaises des films français ? Voyons si vous arrivez à retrouver les films (récents) qui se cachent derrière ces titres anglais :

-FEMALE AGENTS   (…tout est dit!)

-WELCOME TO THE STICKS (easy!)

-HEARTBEAT DETECTOR  (not easy!)

-SUMMER HOURS   (… litéral)

-COUSCOUS  (…réducteur)

 

Pour les réponses, prenez votre souris et surlignez les lignes qui suivent, et comme par magie les titres français apparaîtront :  Les femmes de l’ombre / Bienvenue chez les Ch’tis / La question humaine / L’heure d’été / et… La graine et le mullet !

Iluminados por el fuego

8 mar

 

En parallèle au dossier sur la guerre au cinéma paru dans le numéro -27 de CUT, un petit compte-rendu d’un film récent, sur une guerre oubliée.

 

Iluminados

La Guerre des Malouines opposa de mars à juin 1982 une Argentine dictatoriale bien décidée à dévier l’attention du peuple de sa brutalité et de son incurie, à un Empire britannique sur le retour.

C’est un conflit dont on parle peu, un conflit quasi-oublié, le produit d’un régime autoritaire désireux de redorer son blason en flattant la fibre nationale, un duel dans l’atlantique en faveur d’une poignée d’îlots bourbeux où s’ébattent des moutons (même pas un puits de pétrole !). Un conflit artificiel donc, au moins aussi artificiels que les flashbacks dont se sert Tristan Bauer, le réalisateur, pour replonger le narrateur dans ses souvenirs.

Un vétéran tente de se suicider. Son camarade de combat (Gaston Pauls, vu dans les Neuf Reines) vient à son chevet et se remémore leur période au front. Le procédé n’est pas léger, et vire carrément au grand mélo dans un épilogue larmoyant où le cinéma se fait complètement bouffer par la politique. Pourtant, ce film a le mérite de nous rappeler qu’il n’y a pas de « drôle de guerre », surtout pour ceux qui sont censés y participer. Car, plus que dans les scènes de combat (modestes et confuses, comme un parallèle à la désorganisation et aux carences des troupes argentines), c’est dans le portrait touchant de la camaraderie des appelés qui tentent de faire avec le froid, la faim, la peur, l’humidité, brimés par des officiers sadiques, que le film emporte le morceau. Ce sont les meilleures séquences, sobres, émouvantes, à hauteur d’homme.

Malgré l’effet de surprise de l’invasion, la riposte britannique boutera les Argentins hors des îles, ce qui contribuera au discrédit du régime de Buenos Aires, et amènera une transition démocratique anticipée. De tout cela, rien n’est fait mention dans le film, car la guerre n’est pas une seule fois remise en question ! Elle est même justifiée en fin de bobine par un encart qui dédie le film aux victimes argentines et rappelle le slogan : « Las Malvinas son Argentinas ». La seule critique que se permet le film, c’est à l’adresse de l’impréparation et de l’incompétence de la hiérarchie qui les a menés à la défaite. Du même coup, les soldats argentins passent du rôle d’agresseurs à celui de victimes. Qui attendent toujours d’être vengés.

C’est un petit problème pour un public non-argentin que ce choix partial peut mettre mal à l’aise, voire franchement gêner, invités que nous sommes à communier en faveur du bon droit de l’Argentine. Pourquoi pas ? C’est de bonne guerre, comme on dit. Reste l’impression désagréable que les soldats que l’on nous montre, avec qui ont a sympathisés sont au final trahis, utilisés, exploités par le film lui-même, après avoir été trahis, sacrifiés par leurs supérieurs.

Le grand film sur la guerre des Malouines reste à faire.

 

FILMASIA 2007

4 déc

FILMASIA

La troisieme édition de FILMASIA Festival du Film Asiatique s´est tenu le weekend dernier a Prague dans les cinémas Světozor et Aero. Cette édition a eu pour bonne idée de se focaliser sur la production Hong-Kongaise et de rendre hommage au talent protéiforme de Johnnie To, via des productions Milkyway Image.

Les cinéphiles Pragois ont donc pu découvrir : EXPECT THE UNEXPECTED de Patrick Yau ; TRIANGLE réalisé par Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To ; CRAZY N´THE CITY de James Yuen ; THE HEAVENLY KINGS de Daniel Wu ; ONE NITE IN MONGKOK de Derek Yee ; INVISIBLE TARGET de Benny Chan ; A BATTLE OF WITS de Jacob Cheung ; A DIRTY CARNIVAL de Yoo Ha ; et sans oublier LUST, CAUTION d´Ang Lee.

IMACYBORGPour ma part, j´ai assisté a la projection de I AM A CYBORG BUT THAT´S OK de Park Chan-Wook. Hélas, la déception est a la hauteur de l´attente : une jeune femme, persuadée d´etre un cyborg, se fait enfermer dans un asile psychiatrique en compagnie d´autres malades grand genre, et s´ensuit une histoire d´amour avec un kleptomane… Le concept de comédie romantique en asile psychiatrique est une gageure intéréssante, mais si l´on retrouve la patte indéniable de PCW pour retourner comme une crepe les codes éthiques et moraux, le film ne débouche sur rien de bien concret et peine a faire rire. Ce n´est que lorsqu´il se focalise sur les deux personnages principaux que le film prend un certain relief et parvient a émouvoir, alors que le reste du temps, le cinéaste semble croire qu´il doit absolument filmer les fous comme si il en était un lui-meme.

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