Andrès Muschietti adapte son propre matériau. Il transforme en long métrage une séquence de trois minutes qui lui a permis d’être adoubé par Guillermo Del Toro, cinéaste trop occupé mais producteur souvent avisé. Avec cette démarche d’expansion d’un récit anecdotique, on pourrait craindre que Mama se révèle très vite vide de sens, exsangue, réduit à sa dimension virtuose et spectaculaire.
Si le film use et abuse du process standard du film d’horreur et enchaine les jump scares avec un systématisme un peu épuisant, il se révèle pourtant particulièrement passionnant de prime abord. Muschietti, qui ne pense de toute évidence pas que le mieux est l’ennemi du bien, signe un récit d’enfant sauvage, un film de fantôme, de maison hantée, de monstre, et peut être un mélodrame.
C’est précisément sur ce dernier point qu’il manque un virage crucial.










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