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[agitation :] POSITIF a 60 ans

1 fév

Y aura de la country au cinéma Star (Strasbourg), du 2 au 5 février.

Strasbourg, le cinéma Star plus précisément, fête les 60 ans de la revue Positif. Le titre emblématique, fondé en opposition aux Cahiers du cinéma en 1952 (lire ci-dessous le texte officiel de présentation de cet anniversaire, signé Michel Cieutat l’un des plus fidèles collaborateurs de Positif), n’a jamais cessé de nourrir la cinéphilie française.

Positif a traversé la grande guerre de la critique dans les années 70, a vu disparaître ses chevaux de bataille et ses emblèmes, a survécu au désintérêt croissant pour la presse papier.

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[à l’affiche :] MILLENIUM

29 jan

Pour joindre sa mère, Daniel Craig compose le 007.

Le choix d’adapter ce premier segment du Millenium de Stieg Larsson apparaît quelque peu surprenant pour un cinéaste comme David Fincher. Depuis quelques années, ce dernier semblait opter uniquement pour des projets exigeants, avant-gardistes, singuliers. Il allait précisément là où il n’était pas attendu.

En portant à l’écran un polar classique, best seller international, Fincher n’opte pas pour la nouveauté. Il synthétise plutôt deux anciens succès, fait communier le thriller glauque façon Seven et le film d’investigation journalistique apparenté à Zodiac. Sur ces deux titres précis, il avait marqué le cinéma, redéfini un genre, repoussé certaines limites graphiques ou narratives.

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[agitation :] CLINT FUCKING EASTWOOD

25 jan

Ed. Capricci

Le titre est d’emblée énigmatique. Fucking est-il utilisé pour souligner une dimension sexuelle, pour son côté badass ou pour railler le cinéaste ? L’ouvrage répond par l’affirmative aux trois propositions.

Stéphane Bouquet commence par l’émasculation, poursuit avec le rigorisme, et s’attache à moquer la réception critique d’Eastwood, particulièrement en France. Il est assez salutaire de noter que l’auteur ne souscrit pas à la déification cinématographique du vieux Clint. Le débat critique doit rester contradictoire, et les films récents du dernier des géants sont parfois reçus avec une déférence imméritée.

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[dvd :] Coffret David Lean

6 jan

Ed. Carlotta

L’éditeur Carlotta réunit en coffret les premiers films de David Lean, réalisés sur le sol britannique entre 1944 et 1950. Si le terme de chef d’œuvre apparaît ici peut-être galvaudé, le choix des titres n’est, lui, absolument pas dénué d’intérêt.

Brève rencontre (1945) est l’œuvre phare du coffret (par ailleurs proposée en édition individuelle).  Les autres films ne sont pas d’habiles accessoires. Il faut considérer ces années 40 dans leur globalité, et observer la construction d’un cinéaste, dans ses choix intimes, dans son évolution graphique sur le chemin de l’ampleur. Ces films anglais laissent difficilement présager du Lean américain, d’une carrière marquée par le gigantisme de Lawrence d’Arabie ou de Docteur Jivago. Ce jeune Lean, sentimental et lyrique, prend indéniablement la voie qui le mènera à La fille de Ryan. Il est fascinant de voir le réalisateur évoluer dans un cadre intime, et avec une certaine frénésie de tournage (8 films en 8 ans).

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[dvd :] DEEP END – Jerzy Skolimowski

20 déc

Ed. Carlotta (blu ray)

Un rien méconnu, Deep End bénéficie aujourd’hui d’une exposition importante, et d’une restauration dont profiterait bien un certain nombre de très grands classiques du cinéma. Carlotta, spécialiste du répertoire encore peu positionné en haute définition, en fait un de ses titres phares.  Si le choix peut apparaître surprenant de prime abord, une révision de la copie permet de lever le voile sur les intentions de l’éditeur.

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[à l'affiche :] CARNAGE – Roman Polanski

16 déc

Où est ma toupie ??!

Après ses énièmes déboires judiciaires, et du fait de son âge respectable, on aurait pu croire que Roman Polanski en aurait terminé avec la mise en scène. Le grand réalisateur a beaucoup subi. Si d’autres endurent en silence et s’effacent, lui fait une nouvelle fois le choix de la confrontation, de l’exposition. Cinéaste combatif, Polanski a souvent tourné en réaction.

Le bal des vampires est une provocation, un sursaut d’orgueil face au succès des productions Hammer. Frantic est un polar Hitchcockien avec la plus grande star hollywoodienne, réalisé hors circuit, à Paris, pour stigmatiser l’absence délibéré du cinéaste du sol américain. Carnage, adapté d’une pièce de Yasmina Reza, est une réaction au cloisonnement, à l’enfermement, et ce, qu’il soit moral ou physique.

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[dvd :] LES CHAUSSONS ROUGES – Michael Powell & Emeric Pressburger

9 déc

Ed. Carlotta

Dans un ouvrage d’entretiens paru en 2001 chez Calmann Levy, Samuel Blumenfeld recueille ces propos de Brian De Palma. Le cinéaste s’exprime sur le film phare des productions Archers :Les chaussons rouges est pour moi le film parfait, je peux me le repasser image par image dans ma tête et c’est plutôt rare. Tout fonctionne à merveille, c’est très novateur, très émouvant. C’est le plus grand film que je connaisse sur la création artistique. C’est pour cela qu’il nous a touchés à ce point, le ballet est une métaphore de toutes les œuvres artistiques.”

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[dvd :] LA FEMME AUX REVOLVERS – Allan Dwan

23 nov

Ed. Montparnasse

L’introduction de Serge Bromberg, proposée en préambule du film, touche d’emblée un point très juste. Il ne s’agira pas ici de s’attacher à Allan Dwan, cinéaste très prolifique ayant traversé les âges et connu sa plus grande gloire à l’heure du muet. L’attraction, le cœur du film, est indéniablement la plantureuse Jane Russell.

Montana Belle (titre original) a été tourné en 1948 mais n’est distribué sur les écrans américains qu’en 1952. Russell est à l’époque une découverte d’Howard Hugues. Le milliardaire aviateur l’a lancé en 1943 dans un scandale, une œuvre mineure qui a fait date, une fronde au code Hays intitulée Le banni. L’affiche, suggestive, dévoilait d’emblée le talent (double) de la belle brune.

Hugues fondait sa mise en scène sur l’exploitation du physique avantageux et sur les poses lascives de la jeune femme. Sa négociation avec les censeurs est ainsi reprise dans une scène d’Aviator, de Martin Scorsese. Dwan, conformiste parmi les conformistes, artisan noble et respectueux, n’opte pas pour les mêmes dérives. Il filme Russell comme il filmerait Joan Crawford ou Olivia de Havilland dans un rôle similaire. Mais Russell est, à la manière de Marylin, une icône très sexualisée, et un sous-texte involontaire vient phagocyter cette Femme aux revolvers.

Il n’est ici question que de rapport de domination et de soumission aux hommes. Ses complices voient Vixen Jane prendre sa place dans le gang. Ils voudraient ne voir en elle qu’un objet sexuel impossible à regarder au fond des yeux. Mais la matrone parade et s’affirme. Pour autant, ce petit western RKO n’annonce pas Russ Meyer. Dwan s’attache aux évidences, au premier degré, à une histoire simple et solide.

Mais le résultat demeure ambigu, parce qu’il présente sans détour une meute de mâles confrontée à l’objet du désir. Russell est jetée en pâture mais s’impose au fil du récit, sans que son personnage gagne une quelconque profondeur.

Montana Belle n’offre pas un grand rôle féminin. On est loin, très loin, de Johnny Guitar. Le regard masculin ne change pas en profondeur, et le spectateur sera tenté d’affecter la même condescendance que la horde de cow-boys. Russell ne pourra jamais échapper au Banni. Son plus grand succès sera esthétique, encore, avec Les hommes préfèrent les blondes, d’Howard Hawks. Toute sa carrière sera placée sous le signe d’une douce provocation et de la vaine insolence à l’encontre des censeurs et du code Hays.

Greg Lauert

NB : Une précision utile, peut être… Le code Hays est un code de censure appliqué dans le cinéma américain de 1934 à 1966. Il régit alors toute représentation de la sexualité et de la violence à l’écran.

Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.7)

19 sept

Pour le dernier Twix, cet homme est prêt à tout.

Il y a quelque chose de funeste dans le démontage du Village Fantastique. Dès 17 heures, on peut prendre la mesure de cette petite mort du Festival. La fête touche à sa fin.

Kalevet, survival israélien, est annoncé comme le dernier film en compétition. Last and least, donc. Pendant toute la projection, j’ai une furieuse envie de rappeler aux cinéastes que le fondement de tout récit consiste à poser des enjeux. Les personnages sont lâchés dans les bois, disparaissent vingt minutes, réapparaissent derrière un pin pour mourir une scène plus loin. Sans enjeu, j’ai la conviction qu’il est impossible de susciter le moindre intérêt du spectateur.

Je ne réviserais donc plus mon jugement. The Woman. The Woman. The Woman. Lucky McKee a survolé les débats. La cérémonie de clôture n’a plus rien à envier à celle de Cannes, en durée tout du moins. Les prix s’enchainent jusqu’au triomphe de mon favori. Vampire (pour le meilleur) et Hideaways (pour le pire) sont également récompensés. Finalement, on a le sentiment que le grand vainqueur de cette soirée n’est autre que le festival lui-même. L’ampleur et l’évolution très positive de la manifestation sont largement saluées. Le FEFFS (pour les intimes) devient un rendez-vous européen conséquent.

Tucker and Dale versus evil, film de clôture assez jouissif, enthousiasme le public. C’est un très agréable et judicieux contre pied au film d’horreur classique. La première heure place peut-être la barre trop haut, et l’intérêt décroit légèrement dans la dernière partie du métrage. Qu’importe, les discussions menant au cocktail du Régent laissent à penser que le film n’a aucun détracteur.

La soirée se termine autour d’un verre, avec le jury, une poignée de cinéastes, le staff et les accrédités. Julien Maury me confirme que Livide sortira avec une interdiction aux moins de douze ans, puisqu’il s’est engagé contractuellement à effectuer les coupes éventuellement sollicitées par le CSA. Il me parait tout de même préjudiciable d’amputer au film un peu de cette générosité qui est son meilleur argument.

D’autres essayent encore une fois de percer la carapace de Marina de Van (ne voir aucun sous-entendu sexuel dans cette allégation).

La salle se vide peu à peu et on entame une séance de brainstorming pour suggérer à Daniel Cohen un prochain président du jury (Landis, Carpenter, Dante, Raimi … ). Il a placé la barre très haut pour cette édition et se refuse à évoquer la question pour l’instant. Sa réserve est pour le moins compréhensible. Il s’agit maintenant de profiter d’un repos amplement mérité. La cinquième édition du Festival suscite pourtant déjà beaucoup d’espoirs et d’attentes.

Rendez vous est pris pour septembre 2012.

Greg Lauert

Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.6)

18 sept

Papa ?

Dans les allées du festival, on discute beaucoup du caractère fantastique (ou non) de certains films sélectionnés. Le débat se poursuit d’année en année, et il n’est aucunement question de remettre en cause la générosité de la programmation.

Perfect Host, qui ouvre ma journée à 16 heures, est ainsi un polar ou une comédie, ou un thriller teinté d’humour. Il n’y a guère d’élément fantastique, mais le film n’en est pas moins appréciable. Le comédien interprétant l’hôte en question, David Hyde Pierce, est un véritable phénomène. Méconnu malgré un indéniable talent, il se révèle tour à tour inquiétant, drôle, ambigu, délirant. Un scénario très habile achève de rendre ce premier film particulièrement sympathique.

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