Archives par Auteur

[cinep(h)age] : CARMILLA (ép. 21/25)

28 mai

Un roman de Sheridan Le Fanu (1872)

Un film de Roger Vadim, Et mourir de plaisir (1960)

Sheridan Le Fanu est un des piliers de la littérature fantastique du XIXe siècle. Et pourtant, de l’auteur irlandais, peu de livres ont été édités en France. Aux Etats-Unis, l’édition intégrale de ses oeuvres compte plusieurs dizaines de volumes. L’univers morbide de Le Fanu, spectral, vampirique, sensuel et romantique (au sens tragique du terme), transporte. Il y a du Barbey d’Aurevilly pour les ambiances de brumes sous des nuits de Lune, du Friedrich pour ses tableaux mystérieux à la nature torturée. Depuis le décès de son épouse en 1858, Sheridan Le Fanu s’est orienté vers cette littérature de l’au-delà.

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[cinep(h)age:] UNE PARTIE DE CAMPAGNE (ép. 20/25)

14 mai

Une nouvelle de Guy de Maupassant (1881)

Un film de Jean Renoir (1946)

Quand il adapte Une partie de campagne de Maupassant, Jean Renoir rend peut-être hommage à son père, le peintre Auguste Renoir, qui avait peint en 1869 La Grenouillère, une scène au bord de l’eau. Quoi qu’il en soit, il perpétue cette tradition chère aux impressionnistes, de capter les lumières, d’être proche de la nature, de laisser les éléments heurter la pellicule.

Commencé avant guerre, en 1936, le film n’a jamais pu être fini et compte 40 minutes au compteur. Une incongruité qui lui donne sa singularité et une analogie de forme avec la nouvelle de Maupassant. Le format court permet au cinéaste de coller à la trame de écrivain. Ne manquent à l’appel que deux scènes : le départ des Dufour, au début, et la visite du canotier chez les boutiquiers à la fin. Manque d’argent, mauvaise météo, les circonstances ont eu raison du tournage. Le film sort tel quel en 1946, malgré les efforts du producteur, qui voulait en faire un long métrage.

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[cinep(h)age:] VOYAGE DANS LA LUNE (ép. 19/25)

7 mai

Deux romans de Jules Verne : De la Terre à la Lune (1865) et Autour de la Lune (1869)

Un roman de H.G. Wells : Les Premiers Hommes dans la Lune (1901)

Un film de Georges Méliès (1902)

Résumons l’histoire des débuts du cinéma en une phrase : Il y eut les frères Lumière, puis vint Georges Méliès. C’est un assez bon raccourci. Si les premiers font tourner dans le monde entier de courts reportages de vie quotidienne, le second invente le long métrage et le récit de fiction. Les premiers déclinent des genres différents (repris de la littérature) : le polar, le western, la comédie, le drame, le péplum, le second s’affirme comme le créateur d’effets spéciaux inédits. Méliès, passionné de magie et propriétaire d’un théâtre, puise abondamment dans la machinerie de scène pour ses réalisations. Il crée aussi de nouveaux procédés, qui interviennent directement sur la pellicule ou la caméra pour obtenir des images saisissantes.

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[cinep(h)age:] : MASTER AND COMMANDER : De l’autre côté du monde (ép. 18/25)

23 avr

Des romans de Patrick O’Brian.

Un film de Peter Weir (2003)

En plus de vingt romans, l’écrivain britannique Patrick O’Brian (de son vrai nom Richard Patrick Russ (1914-2000)) a captivé ses lecteurs avec les aventures du marin Jack Aubrey et de son ami, chirurgien, ornithologue et agent secret de Sa Majesté, Stephen Maturin. Ses ouvrages, qui mêlent des passages documentaires sur la navigation au XIXe siècle, les batailles navales, la diplomatie européenne et les guerres napoléoniennes a de quoi intéresser un public français qui a toujours sous-estimé son histoire maritime, contrairement aux Britanniques.

Quand le cinéaste australien Peter Weir s’empare des personnages Aubrey et Maturin, il choisit de prendre les meilleur de chaque volume (surtout les cinq premiers). Il campe son action en 1805, au moment où Français et Anglais se coursent sur les mers du monde, dans un jeu de cache-cache planétaire. Les corsaires, payés pour attaquer les navires de commerce, ont le vent en poupe. Tout naturellement, Aubrey, capitaine de La Surprise, un navire de guerre anglais, traque L’Achéron, qui bat pavillon français.

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[dvd:] WHITY ET LILI MARLEEN – R.W. Fassbinder

17 avr

Ed. Carlotta

En 1971, l’année de tournage de Whity, un western, Rainer Werner Fassbinder, qui n’a pas encore été rendu célèbre par Berlin Alexanderplatz (1980), tourne par moins de trois films et deux téléfilms. Faut-il voir dans cet empressement à filmer coûte que coûte la cause des écueils qui parsèment ce film engagé et brouillon tout à la fois ?

Engagé, Whity l’est comme toute l’oeuvre du bad boy du cinéma allemand. Le réalisateur n’a de cesse de dénoncer la barbarie, l’exploitation de l’être humain, l’esprit bourgeois, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie. Et ce même si, paradoxalement, on l’accuse parfois des maux qu’il étrille. Fassbinder, qui sait si bien cadrer les relents nauséabonds des sociétés à la dérive, qui aime les plans urbains où la population grouille, s’enferre dans ce western social traînant et mal préparé. Bien sûr, son actrice fétiche, Hanna Schygulla est à l’écran. Mais elle peine à paraître crédible en prostituée de saloon avec fume-cigarettes. Les scènes de violences sont sans effet, filmées de loin, et l’on voit encore que les coups sont portés à côté.

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