
A force d’abnégation, notre reporter François-Xavier Taboni a enfin ses entrées à Cannes.
Si la pluie, provoquant des annulations de séances et, pire, de soirées, semble avoir totalement anesthésié les festivaliers pendant deux jours, le soleil revient doucement et la nature cannoise reprend ses droits.
C’est dans cette atmosphère de soulagement que je découvre le très attendu Cogan : la mort en douce, d’Andrew Dominik, présenté en compétition. La déception est à la hauteur de l’attente suscitée par le nouveau film du réalisateur de Chopper. En adaptant un polar de George V. Higgins et en le replaçant dans le contexte de la crise de 2008 et de la campagne électorale de Barack Obama, Dominik veut donner un regard politique sur l’Amérique d’aujourd’hui. Malheureusement, la légèreté de l’analyse et la lourdeur du propos sautent très rapidement aux yeux des spectateurs. Et l’intrigue, extrêmement lâche, n’est prétexte qu’à de lourdes démonstrations de mise en scène, entrecoupée par des numéros d’acteurs totalement usés. La surprenante sobriété de Brad Pitt ne parvient pas à racheter ce ratage qui laisse un arrière-goût d’arnaque assez déplaisant.





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