Archives par Auteur

[agitation :] DEFYING GRAVITY (saison 1)

8 avr

L’acteur Ron Livingston présente quelques facettes de la série [en]

L’épisode commence dans le salon crasseux d’un vieil ivrogne aigri et avachi sur son canapé. Son fils lui fait ses adieux, il part pour un voyage de six années autour de sept planètes du Système solaire et il est loin d’être certain que son paternel soit là pour fêter son retour. L’entame de Defying gravity, un peu glauque, semble en porte-à-faux avec l’idée d’une série TV de SF mais distille avec efficacité une idée forte : il va y avoir de l’introspection à doses massives.

Et à cet égard, ce long voyage tient ses promesses. Les squelettes sortiront du placard, les faux-semblants se détricoteront… Toutefois, les mystères ne seront pas tous levés dans la première saison de cette série, qui d’après son créateur James D. Parriott aurait dû en compter pas mal, qui ne verront malheureusement jamais le jour.

(Lire la suite…)

SITA SINGS THE BLUES – Nina Paley

12 sept

Un film animé en flash, marrant, touffu, des accents indiens improbables qui racontent  des bouts de Râmâyana, des extraits de blues qui tache, de l’auto-biographie … Bienvenue dans l’univers de Nina Paley.

Le film était passé en salle à Strasbourg, au Star of course, et sans être complètement convaincu (les graphismes en flash sont parfois superbes, parfois … moins) j’avais beaucoup aimé l’esprit bordélique, les légendes indiennes racontées avec l’accent local, l’humour, le contrepoint auto-biographique … bref plein de choses. J’admire aussi le fait qu’elle ait fait son film seule, avec un budget très chiche (15 000 $, je crois).

Je découvre aujourd’hui qu’elle a mis son film en libre téléchargement sur son site. Ceci pour diverses raisons, dont notamment que l’alternative aurait été de laisser son film mourir sur l’étagère d’un quelconque producteur frileux (c’est la crise pour tout le monde, et pour le cinéma indépendant aussi). Un téléchargement  libre, mais avec des contraintes, c’est-à-dire dans le cadre d’une licence Creative Commons (distribution libre – pas de modifications – pas d’usage commercial), et l’interdiction de boucler l’œuvre par des protections DRM (Digital Rights Management, mises en avant par certaines grandes compagnies de musique et cinéma). Il s’agit pour elle d’une prise de position militante qu’elle défend et explique. Je place quelques liens en fin d’article (en anglais) pour qui souhaite approfondir ce sujet.

Pour ceux qui s’inquiètent légitimement de savoir comment elle pense être rétribuée, disons en simplifiant que l’œuvre est libre, mais son support est payant. Les DVD, les t-shirts, les livres etc. sont des ressources finies, contrairement à l’œuvre numérique, fluide, incontrôlable. Mais je vous invite à la lire, en anglais seulement pour l’instant, je n’ai pas trouvé de traduction française.

En attendant, downloadez et enjoy !

(-_-)_♥

> Le site officiel de Sita sings the Blues
> Le site officiel de Sita sings the Blues (page de téléchargement)
> Dialogue sur le blog de Nina Paley entre Paley et Cory Doctorow autour de la notion de licences non-commerciales
> Sita sings the Blues sur Wikipédia [fr]

ALICE ET MOI – Micha Wald

2 août

Sur les conseils de Micha Wald, réalisateur de Simon Konianski, je suis allé chercher sur le net son court métrage Alice et moi qui en contenait l’histoire en germe. Voir des scènes très similaires intérpretées par des acteurs différents laisse une sensation assez curieuse… Y’a comme qui dirait un bug dans la matrice.

[dvd :] MASCARADES – Lyes Salem

8 juil
mascarades-dvd

Mascarades (éd. Mk2)

Le pitch

Dans un village perdu de l’Atlas algérien, Mounir aimerait être riche. Malgré des haussements de sourcils impressionnants et une moustache combative, ce fanfaron ne parvient pas à se faire craindre autant qu’il le souhaiterait. C’est que sa sœur a de fréquents accès de narcolepsie qui en font la risée des langues de vipère du village. Alors un jour, dans un état d’ébriété avancé, il prétend qu’un riche étranger a demandé la main de cette jeune femme au demeurant très charmante. À l’annonce de cette nouvelle les imaginations et les inquiétudes vont s’embraser et les comportements allègrement dérailler.

L’analyse

Lyes Salem se définit comme un comédien qui réalise ses films plutôt que comme un réalisateur qui joue dedans. Et c’est son personnage qui est le moteur principal de cette comédie. Dés le premier (gros) plan le visage de Mounir s’annonce comme icône visuelle – un peu comme le visage à moustache de Charlot – et comme ressort comique – à l’inverse complet d’un Buster Keaton sans expression. Plus il fronce le sourcil et plus il nous fait rire.

Le scénario est basé sur le quiproquo et des dialogues, il pourrait se résumer à une histoire d’amour caché croisée avec un mensonge dont les conséquences dépassent les prévisions de celui qui l’a formulé, en saupoudrant allègrement le tout de péripéties déclenchées par le mensonge en question.

Les nombreux seconds rôles, plutôt convaincants, sont loin toutefois de disputer la vedette à Mounir.

Un mot sur l’accompagnement musical: cet oud (?) qui déroule une ritournelle aigrelette et tourbillonante comme une brise de printemps s’accorde au ton léger de cette comédie et donne même envie de danser en quittant la salle de ciné.

La synthèse

Mascarades est le premier long métrage de Lyes Salem et il tient toutes les promesses de ces comédies de haut niveau qui nous tendent en plus un “miroir à réfléchir”, dans la tradition des Lubitsch et autres Capra. Ces références se justifient par l’ambition du film de réussir une comédie “pour tous” avec un regard subtilement critique quand à la nature humaine.

Les bonus

Mk2 a fait un travail d’édition dont l’intérêt mérite d’être souligné. Les bonus consistent en deux courts métrages et un making-of .

• Jean-Farès est un faux monologue (au téléphone) au cours duquel Lyes Salem (sans sa moustache, on ne le reconnaît presque pas !) annonce à sa famille au bled, et à une belle-famille plutôt vieille France, la naissance de son fils. Satisfaire les goûts de chacun se révélera une mission (presque) impossible. Presque.

• Cousines raconte le retour à Alger, pour les vacances, d’un cousin de France (Lyes Salem). Accueilli comme le fils prodigue, il ramène les traditionnels cadeaux à sa famille: ustensiles de cuisine, biscuits, jouets, etc. Rapidement, cependant, il va se trouver en porte-à-faux avec son cousin notamment, qui laisse très peu de liberté à sa femme. C’est sur le ton de la chronique de quartier que se jouera la thématique du film: la liberté de la femme.

Le making-of est surtout intéressant pour les commentaires de Lyes Salem sur ses intentions – il dit par exemple qu’il n’a pas voulu faire un film sur l’Algérie mais un film en Algérie. Énorme nuance. S’y ajoutent quelques scènes assez anecdotiques sur le tournage proprement dit.

Entretien + bande-annonce

TŌKYŌ SONATA – Kyoshi Kurosawa

5 juil

tokyosonata18b_400

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 26 followers