
Ed. Pyramide

Clotilde Hesme et Grégory Gadebois.
Alix Delaporte apporte à son sujet une réalisation très sobre, des plans fixes, du son ambiant, une lumière naturelle, un côté néo-réaliste que pourraient revendiquer les frères Dardenne. Avec la présence bienvenue d’un vélo, l’objet de la liberté, de la tranquillité, de la fuite aussi, de la réflexion. Un personnage à part entière dans l’air du temps (Le Gamin au vélo, des mêmes frères Dardenne, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2011). Jamais naïf, jamais niais, toujours juste dans les relations humaines, le film d’Alix Delaporte séduit de bout en bout, porté par un rythme très proche du réel, qui laisse une belle place aux silences explicites. Un choix qui signe d’ailleurs la qualité du jeu des acteurs, qui effectuent un travail sans filets, sans pouvoir s’appuyer sur un texte ou des facilités de réalisation (musique, dialogue, surabondance de plans, rythme effréné…).

Grégory Gadebois et Clotilde Hesme.
En bonus, une interview séparée de Clotilde Hesme et Grégory Gadebois par Alix Delaporte. Comment naît un personnage ? Quelle liberté laisse un cinéaste aux acteurs ? Comment les acteurs peuvent influencer le scénario pendant le tournage ? Une manière originale d’aborder ce film, qui en dit beaucoup sur les relations personnelles et professionnelles qu’entretiennent les deux comédiens et la réalisatrice : écoute, confiance et réciprocité. On est loin d’une direction d’acteurs dictatoriale.
Franck Mannoni


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