
Michael Ward, journaliste et témoin essentiel dans une affaire de meurtre, doute de la culpabilité du prévenu. Le reporter rêve alors qu’il est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis.
Scénariste et producteur de télévision (notamment sur la série Des agents très spéciaux) et de cinéma, Boris Ingster n’a signé que trois films en tant que réalisateur. L’Inconnu du 3ème étage, réalisé pour la RKO, est son premier, ainsi que le premier film noir américain selon Serge Bromberg, qui présente le film dans le seul supplément du DVD.
Plus qu’au film noir, c’est à l’esthétique du cinéma expressionniste que cette œuvre fait penser, tant les recherches plastiques, notamment dans la scène onirique, renvoient à des œuvres comme les Mabuse de Fritz Lang ou Le Cabinet du docteur Caligari. La présence de Peter Lorre (crédité en premier au générique alors qu’il apparaît tardivement et pour un rôle très court dans le film) accentue la filiation avec ce cinéma.
Le scénario, et plus particulièrement le sentiment de culpabilité qui écrase le héros, nous rapprochent plus effectivement du film noir où les protagonistes semblent poursuivis par un destin aussi injuste qu’implacable.
Mais ces théories, ainsi que la simplicité un peu naïve de l’histoire, sont immédiatement balayées par l’apparition magnétique de Peter Lorre. Dans un rôle quasi-muet, le comédien exprime en peu de temps une incroyable palette de sentiments, déstabilisant constamment le spectateur pour son plus grand plaisir.
François-Xavier Taboni
Tags:Boris Ingster, Film noir, Peter Lorre

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