D’une manière générale j’ai un penchant d’alcoolique pour les films d’action, et quand ils ont un scénar bien ficelé, je craque. C’est loin d’être le cas ici et c’est d’autant plus dommage que l’on ne parvient pas à faire abstraction de l’omnisurabondance des effets de stroboscope accompagnés de sons percussifs sourds. Lourd. Restent deux combats d’arts martiaux superbement chorégraphiés, quelques courses automobiles qui font bellement ronronner les chevaux (si cela est concevable) et des cascades rocambolesques qui feront plaisir aux amateurs de courses de BMX et de berlines de luxe allemandes au son de portières feutré.
Le transporteur 3 ne vous transportera pas dans les hautes sphères cinématographiques, l’histoire a une cohérence de surface faiblarde, mais pèche notamment par ses dialogues lycéens — c’est peut-être la version française remarquez — il pourra même vous donner l’impression de perdre votre temps. Disons que les (grands) enfants sauront en extraire quelque plaisir coupable et régressif.
On sent au fond qu’il aimerait bien prendre sa retraite et se la couler douce le Frank Martin; il n’y a qu’à voir ses fréquentations et ses hobbies. Enfin je veux dire, ceux qu’il se choisit (la pêche avec son pote le commissaire Berléand)… Car contrairement à la dramaturgie d’un bon film d’action US, on n’y croit pas. Les mythes cinématographiques (le pote qui hacke les ordi du Pentagone dans un garage…) défilent sans être réinventés et on s’ennuie. Curieusement, un des personnages les plus convaincants est un second rôle, celui du premier ministre ukrainien, seul à avoir une certaine consistance à l’écran.
Ah oui, le pitch… Frank Martin doit convoyer quelque part deux gros sacs rouges et une jeune femme slave, sur fond de chantage écologique de méchants industriels sans scrupules. On se demande au début un peu ce qu’elle fait dans l’histoire mais finalement si quand même, ça se goupille pas mal.



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