L’avant-première de Louise Michel à Strasbourg
Le pitch
Louise Michel commence en montrant comment un groupe de dix ouvrières, sauvagement mises au chômage après que le patron ait fui avec les actifs de l’usine, décident de mettre en commun leurs indemnités pour s’offrir un contrat sur la tête dudit patron. La suite de ce road movie qui déraille allègrement sera entre les mains de l’ouvrière Louise (Yolande Moreau) et du killer Michel (Bouli Lanners).
Ce que j’en dis
Après un début un peu lent, le film prend crescendo son allure de croisière dans l’incongru en état d’ébrieté auquel nous ont habitué les deux compères. C’est leur film le plus dynamique à ce jour. Aaltra et Avida déroulaient leur absurde plus calmement et se reposaient davantage sur l’esthétique de leur noir et blanc.
Malgré des apports très contemporains (sur le mélange des genres notamment), on finit à un moment par penser à la quête de justice de Don Quichotte et Sancho Pança. pourquoi ? Parce que la lutte contre les crimes de la finance mondiale s’apparente à celle contre les crimes de ces ignobles moulins à vent, qui les commettent sans même en être conscients.
Mais bien sûr à travers l’épopée de Louise et Michel, Kervern et Delépine font en fait explicitement référence à Louise Michel l’anarchiste du XIXe siècle. Cette figure majeure de la Commune de Paris en 1871 et de l’anarchisme est connue pour avoir pris sans concession le parti des opprimés, des prolétaires.
Ceci étant dit, on peut regarder le film sans rien savoir de tout ça. Les péripéties drôles, grinçantes ou graves — en tout cas inventives — de l’improbable duo méritent largement le détour pour elles-mêmes.
La rencontre avec le public
Sans être au complet, la salle bruissait et frémissait agréablement dans l’attente. Après c’était encore mieux, la présence de Yolande Moreau, et des acteurs aux avant-premières en général, est assez troublante quand vous venez de les voir jouer un tel rôle. Benoît Delépine nous a parlé de leur saut dans l’inconnu avec le choix de la couleur, de leur technique de casting novatrice (laisser un groupe d’ouvrières se former spontanément dans la masse des figurants) et d’autres choses dont je ne me rappelle plus sur le coup. Ah oui, il a aussi évoqué le personnage historique de Louise Michel bien sûr, ainsi que l’empire industriel du poêle en fonte Godin…
Dernière recommandation importante, restez jusqu’à la fin du générique.
La bande-annonce
« Aussi puissant que du Marx Brothers sous anxiogène ! »
Strasbourg Boum-Boum - n°234 Avril 1978
(-_-)
/ Les photos de l’avant-première sur CUT la photo
/ Le site officiel du film
/ Louise Michel sur Wikipédia
/ La Commune de Paris sur Wikipédia
Mots-clefs : Louise-Michel, Kervern, Delépine, Yolande Moreau, Bouli Lanners




Jeudi 27 novembre 2008 à 10: 09
En complément audio (RE-RE-auto-promo) l’interview minutée de Yolande Moreau et Benoît Delépine est en écoute sur le site du cinéma Star : http://www.cinema-star.com/star.php?id=22&idm=1&type=1&rub=22
Mardi 9 décembre 2008 à 15: 26
Précision : Louise-Michel sortira le 24 décembre.
Vendredi 15 mai 2009 à 14: 31
Mon film préféré de 2008!
Dimanche 12 juillet 2009 à 19: 04
[...] LOUISE MICHEL de Gustave Kervern & Benoît Delépine Article sur cutlarevue.fr [...]