
Louis Dussol et Philippe Muyl ont passé plusieurs semaines avec Cali
Philippe Muyl (réalisateur) et Louis Dussol (comédien) étaient à Strasbourg pour présenter Magique (sortie le 22 octobre). Ça se passe au Canada, les lumières et décors sont beaux, mais mon absolue détestation des comédies musicales/sentimentales/circassiennes ne me permet pas d’en dire quoi que ce soit d’autre de positif, si ce n’est que le tournage avait l’air amusant et que le réalisateur et son jeune comédien sont très sympathiques. L’histoire ? Une mère célibataire (Marie Gillain) et son fils (Louis Dussol) accueillent une troupe de cirque sur l’immense terrain où ils élèvent des abeilles…
Louis Dussol et Philippe Muyl nous livrent leurs souvenirs et impressions des films suivants.
Peter Pan
Une production Walt Disney
Philippe Muyl : J’associe, hein ? Moi, ça me fait penser à un petit livre qui s’appelle Le syndrome de Peter Pan, écrit par une psychanalyste. C’est un psychothérapeute qui me l’a donné et je me suis rendu compte que je n’étais pas éloigné du syndrome de Peter Pan, qui est la difficulté de grandir. Voilà.
Louis Dussol : Ben Peter Pan, c’est un film vachement bien. C’est un conte, tu rentres dedans et tu n’en sors plus et tu parles aux gens de Peter Pan pendant deux semaines. C’est un film, je l’adore, parce que c’est un peu quelque chose que tous les enfants veulent, mais que quelque part qu’ils ne veulent pas parce qu’ils ont envie de réaliser des choses qu’ils veulent faire plus tard. Comme tous les enfants, ils ont une idée du métier qu’ils veulent faire plus tard. Le syndrome de Peter Pan comme il dit, c’est un peu un truc que j’aimerais bien avoir, mais en même temps c’est quelque chose que je n’aimerai pas avoir, parce qu’en fait on a des désavantages à tous les âges. Quand on est ado, on est moche, on a plein de boutons partout et on pue des pieds. Quand on est enfant, on ne peut pas faire vraiment ce qu’on a envie de faire, on est toujours sous la responsabilité des parents -quand on est ado aussi, mais un peu moins. Et quand on est adulte… En fait, le truc c’est que, j’ai remarqué, souvent, les enfants ont envie de grandir et les grands ont envie de rajeunir. Il y a des désavantages à tous les âges en fait. Les enfants, ils se disent « j’ai encore plein de trucs à vivre » et les adultes, ils se disent « oh mince, j’ai plus beaucoup de vie devant moi ».
Freaks
de Tod Browning
Philippe Muyl : Ben oui, mais ça c’est un film culte. C’est le monde du cirque si je me rappelle bien ? C’est terrible ce film, c’est assez horrible, je trouve, c’est assez glauque… Je n’ai pas beaucoup de souvenirs, mais je sais que je l’ai vu. Pour moi, c’est plutôt lié à une époque de ma vie, quand je voyais beaucoup, beaucoup de films. Je crois que c’est passé au ciné-club de France 3 à un moment donné. Enfin, c’est un film impressionnant, culte et que j’aime beaucoup, oui.
Les chansons d’amour
de Christophe Honoré
Philippe Muyl : Oui, je l’ai vu au festival de Cannes, il y a des choses qui m’ont plu… Il y a ce jeune acteur, Leprince-Ringuet, que j’aime bien, il y a des chansons que je trouvais jolies, bien écrites en plus, bien en musique. Et voilà. Ce que je n’ai pas aimé dans le film, c’est le sujet. Je trouvais ça très branché cette histoire d’hétéro qui devient homo, je trouve ça très tendance, mais bon… Ça m’a un peu agacé, parce que je trouvais ça très mode. Mais il y a des scènes qui m’ont ému dans ce film. C’était fait avec talent, c’est sûr.
Mary Poppins
Robert Stevenson
Louis Dussol : Mary Poppins c’est un film excellent ! J’adore l’idée, il n’y a pas beaucoup de gens qui arrivent à le prononcer, « Supercalifragilisticexpialidocious ! ». J’adore l’idée du parapluie. Ce qui est un peu triste, c’est la fin où on voit qu’elle s’envole, c’est un peu comme dans Joséphine, ange gardien où elle claque des doigts et elle se taille. Tu te dis, toute l’histoire qu’ils ont passé et tout, hop, ils ne vont plus jamais en entendre parler. Mais j’aime bien, c’est un peu fou ce film, c’est un peu comme Philippe ! Je rigole !
Philippe Muyl : Non, c’est vrai.
Louis Dussol : J’adore l’histoire du pépé qui vole et les trucs comme ça, c’est excellent. J’adore ce film. Je l’ai revu il n’y a pas longtemps sur Disney Chanel, chez mon oncle et ma tante, et je me suis plongé dedans et je n’en ressortais plus !
Philippe Muyl : Ce type de légèreté, de grâce, de fantaisie est typique évidemment de cette génération de productions aux Etats-Unis, que moi j’aime beaucoup. Si on pouvait refaire un monument du cinéma, je ferais volontiers un remake de Mary Poppins ! Si on pouvait réaliser, produire ce genre de films dans le cinéma d’aujourd’hui, en France, j’adorerais pouvoir faire ça. Je pense que c’est impossible pour plein de raisons… Ou alors peut-être un Jean-Pierre Jeunet peut le faire, mais moi, je ne peux pas le faire. Mais j’adorerais, c’est tout à fait mon univers, ça me plaît beaucoup.
Louis Dussol : Le jour où un réalisateur de nos temps, il arrivera à refaire un film comme ça, avec autant de joie de vivre et tout, je dirai bravo. Et c’est ce qu’il a fait Philippe ! Donc, je dis bravo. Parce que nous, avec Marie, Bruno, Antoine et moi, on n’a fait que jouer son truc, Philippe, il a tout vécu. Nous on vit seulement le milieu et la fin, lui il a vécu le début, le milieu et la fin. Il a passé dix mois au Canada alors que nous on en a passé deux, il a tout vécu, quoi. Ce qu’il a réalisé Philippe : il a réussi à sortir du « Pan ! Pan ! J’tai tué, t’es mort ! ».
Matrix
de Andy et Larry Wachowski
Louis Dussol : J’ai pas dit que « Pan ! Pan ! » en fait, c’était pas bien ! Matrix, c’est marrant parce qu’en fait, il y a plein de trucs surnaturels et tout. J’adore quand il saute de l’immeuble et qu’il se dit « non, mais ça va pas, je ne vais pas sauter de l’immeuble, t’es malade, je ne suis pas suicidaire ! » : il saute de l’immeuble, il est à un centimètre du sol, et là « shtum ! », il se fige ! J’aime bien les trucs comme ça dans Matrix. J’adore le premier. Ce qui est intéressant, c’est que si Néo il avait choisi le côté gentil, toute l’histoire de Matrix, elle ne se serait pas passée. C’est marrant de voir pourquoi il a choisi le rouge. S’il avait choisi le bleu, il n’y aurait pas Matrix, il n’y aurait rien !
Philippe Muyl : Moi, ce qui m’intéresse le plus dans le film, c’est le traitement, le côté graphique, stylisé, la mise en scène, donc. Je dis toujours que j’adorerais être modeste stagiaire sur un gros film américain pour voir comment ils font, parce que je suis toujours impressionné par ce savoir-faire qui est quand même extraordinaire. Après, ce que je trouve aussi intéressant, ça a commencé je pense avec des films comme Matrix, c’est qu’à un moment donné, on ne sait plus si on est au cinéma, si on est dans une BD, si on est dans un jeu vidéo… Une sorte de spectacle total, ce qui est pas mal. On n’est pas du tout dans un réel, on est dans un univers, comme dans le dernier Batman que j’ai vu, qui est un univers visuel incroyablement bien fait. Il y a une sorte de course, de fuite en avant, je dirais, dans ce genre de films, dans cette production hollywoodienne. Je pense qu’à un moment donné, on ne peut plus aller plus loin. Déjà, je trouve que la puissance émotionnelle des effets spéciaux, elle s’est amoindrie parce que tout est vu, tout est possible. Je pense que ça appelle une nécessité de retour à une scénarisation plus solide. Mais c’est vu de ma petite fenêtre de Paris 14ème, hein !
Recueillis par Jenny Ulrich

lol y’a pas plus solide comme scénarisation que les Matrix ^^. Putain il est pas con le petiot !
c’é lequel des deu cali ?
Louis est un excellent petit acteur de 11ans et demi qui tôt ou tard sera un des plus appréciés de France. Il lui faut donc souhaiter de persévérersur cette lancée et de décrocher au plus vite d’autres rôles tout aussi conséquents et de préférence dans un registre dramatique car c’est là où il me semble qu’il donnera le meilleur de lui-même. Oui, Loius est bien parti et on n’a pas fini d’en parler !