de Lamberto Bava
En 1980, Lamberto Bava, fils du grand Mario, réalise son premier film, Baiser macabre (Macabro) pour un très petit budget. Une oeuvre vénéneuse et malsaine où il est question d’adultère, de petite fille meurtrière et manipulatrice, d’aveugle voyeur auditif, de nécrophilie et de cannibalisme. Un véritable cocktail molotov sur celluloïd qui fait éclater toute la subversion dont pouvait se rendre coupable un cinéma italien alors moribond.
Sa descendance assurée, Mario Bava semblait pouvoir partir tranquille, ce qu’il fit d’ailleurs, quelques semaines avant la sortie du film en Italie. Depuis Lamberto Bava n’a plus jamais réalisé un film aussi noir et aussi bon. Il n’a pas pour autant été le fils indigne si souvent décrit. Avec des hauts et des bas, il a réussi à rester sur le terrain et à tourner des films populaires (La maison de la terreur, Blastfighter, Demons…) généralement divertissants et correctement ficelés, au sein d’une industrie cinématographique transalpine en pleine sinistrose. Son dernier en date, Ghost son (2006), un ratage qui se pare des attributs d’une coproduction internationale de prestige, est un quasi remake de Shock (1977) ultime oeuvre de son papa, à laquelle il avait lui-même largement participé. Malgré son aseptisation, on y retrouve – par bribes – un peu de l’ambiance qui faisait le charme de Baiser macabre.
Aujourd’hui, ce dernier a un peu vieilli et sa chute est toujours ridicule, mais il reste – avec le Blue holocaust (1979) de Joe D’Amato et les oeuvres de Lucio Fulci – l’un des derniers grands poèmes macabres du cinéma italien.
A voir – entre autres merveilles et curiosités – lors du du Festival européen du film fantastique de Strasbourg. Séance unique jeudi 24 à minuit au cinéma Star. Pendant le festival, vous pourrez d’ailleurs croiser Lamberto Bava, qui en sera le président du jury.


Et encore une affiche de film qui révèle la dernière scène. Il y en a tellement que ça ferait un bon sujet de thèse.
Chuuut ! Personne n’avait remarqué.
El film que aterrorizo a Dario Argento, el maestro del terror.
c’est bien que le festival diffuse Baiser macabre, plutôt que Démons.
Je viens de le revoir (Démons) et mon souvenir de jeunesse en a pris un coup. C’est pas folichon du tout.
Ah oui, mais “Démons 2″ c’est super folichon par contre! et sur grand écran en public ça aurait pu être assez grandiose… (mais “Baiser macabre”, dans un genre plus sérieux, c’est classe aussi)