DVD Un mur à Jérusalem

2 juin

Un mur à Jérusalem de Frédéric Rossif et Albert Knobler (Ed. Montparnasse)

Un mur à Jérusalem est un film qui date de 1968. Il faut le savoir. Disons que c’est mieux de le savoir avant de commencer le visionnage. Rien à voir avec la révolution étudiante. Mais dans la forme, on est d’abord surpris par l’austérité du ton. C’est un film qui a quarante d’âge, normal. On peut donc se pencher sur le reste.

Un mur à Jérusalem est un documentaire réalisé exclusivement à base d’images d’archives. Souvent inédites, nous dit-on. Il retrace l’épopée du peuple juif et de la création de l’Etat d’Israël. Une fois n’est pas coutume, le récit démarre au début du siècle dernier. Du conflit israélo-palestinien, on connaît surtout les péripéties d’après-guerre. Pourtant, l’idée d’un Etat juif est évoquée bien avant. Le partage de la Palestine aussi. La création de l’Etat d’Israël est intimement liée aux persécutions antisémites, qui malheureusement ne datent pas d’Hitler.

En pleine affaire Dreyfus, le journaliste hongrois Theodor Herzl, évoque le premier la nécessité d’un abri permanent pour le peuple juif. Après ce n’est que luttes de pouvoir avec les Arabes mais aussi les Turcs puis les Anglais qui tentent, bien maladroitement, de ménager la chèvre et le choux.
Puis vient la Seconde Guerre mondiale et son triste lot de persécutions. En 1945, les survivants de l’Holocauste se tournent vers leur terre promise, la Palestine, où sont déjà installés 700 000 colons juifs. Ils ne sont pas les bienvenus. Les juifs de Palestine se réfugient alors dans le terrorisme pour faire entendre leur voix auprès des autorités britanniques, favorable au camp arabe. 1947, l’ONU définit un partage de la Palestine. 1948, Ben Gourion proclame la création de l’Etat d’Israël. Puis la guerre à nouveau. Le film s’arrête en 1967, à la fin de la Guerre des six jours.

Il y aurait encore beaucoup à dire depuis. Contentons-nous de la mine d’infos déjà livrées dans ce film. Pour le reste, une recherche approfondie sur internet, ou un passage en bibliothèque combleront amplement ce manque. Et puis c’est un film de 1968, faut-il le rappeler. Ce décalage temporel contribue en grande partie à l’intérêt de l’œuvre.

Fanny Lépine

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