radio : CUT -71

Samedi 4 juillet 2009 by jennyulrich

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Cette semaine il n’y a pas beaucoup de films à l’affiche. Cette semaine nous digressons –certains, par exemple, se plaisent à imaginer Woody Allen en 3D. Cette semaine, nos conseils de fin d’émission pourraient laisser entendre que « c’était mieux avant », ça file un coup de vieux.


Whaterver works (Woody Allen), Le hérisson (Mona Achache), L’âge de glace 3 – Le temps des dinosaures (Carlos Saldanha), Dans tes bras (Hubert Gillet). (Et aussi Les vacances de monsieur Hulot (Jacques Tati), la rétrospective Secret Seventies Part. III…)

Avec Jenny, Fanny, Stéphane, Greg.

CLAP 004

Vendredi 3 juillet 2009 by CUT

clap3a

par Paco (cliquer sur l’image)

FARGO

de Joël Coen

LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND

d’Ennio Morricone

INTO THE WILD

de Sean Penn

LES VALSEUSES

de Bertrand Blier

CLAP 003

Vendredi 3 juillet 2009 by CUT

clap3a

par Paco (cliquez sur l’image)

LES BEAUX GOSSES

de Riad Sattouf

et les après-midi de Dugland-Lagoûte-Hauney, chef à la banque.

[cinéphilie :] Marc Dondey

Vendredi 3 juillet 2009 by jennyulrich

Marc Dondey

Marc Dondey est l’auteur du livre TATI paru aux éditions Ramsay. La première édition de ce travail de fond sur la constitution de l’univers créatif de Jacques Tati date de 1989, mais l’ouvrage restant d’actualité, il a été retiré en 2002 et à nouveau en 2009, enrichi de plusieurs documents photographiques évocateurs.

La réédition de TATI, la ressortie en salle de Les vacances de Monsieur Hulot (depuis le 1er juillet au cinéma Star à Strasbourg) étaient deux bonnes occasions de proposer à Marc Dondey de se plier à l’exercice de la cinéphilie.

LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT

Jacques Tati

C’est un film plein de grâce. C’est banal de le dire : plein de légèreté, plein d’humour. Avec ce personnage qui fonctionne comme un révélateur, avec ce système de vacances obligées. Il y a cette dimension vraiment physique qui court sur toute la durée du film, que l’on retrouve dans la bande son, mais aussi dans le montage : c’est le rythme du flux et du reflux, le rythme de la marée avec lequel Tati est en connexion. À travers la musique, à travers les éléments du récit, on passe son temps à s’éloigner de et à revenir vers la mer, on est toujours dans le même rythme. Il y a le noir et blanc, qui est un choix. Ce n’était pas un choix dans le premier film de Tati, Jour de fête, là, c’est un choix. Il y a cette silhouette qu’on découvre pour la première fois avec le galurin, la veste en tweed, les baskets, cette démarche élastique et ça, c’est une chose, une fois qu’elle est dessinée, ça y est, elle est posée pour des dizaines et des dizaines d’années. Il faut savoir que Tati a mis des dizaines d’années pour dessiner cette silhouette, c’est le résultat d’un travail d’élaboration très très long. C’est passé par le filtre de ses vingt années d’activité au music’hall, il y a créé une silhouette. Donc il y a ça et puis… Voilà : des moments juste formidables. Des images qui ne sont absolument pas des gags, qui sont juste des moments de poésie pure… Le moment où on a la guimauve qui fond et où le marchand de glaces essaye de la rattraper : on est dans ce système de la chute qui est constamment différée. Il y a une sorte d’angoisse qui est recyclée et différée pendant tout le film. Parce qu’évidemment, c’est un peu paniquant l’univers que décrit Tati, l’univers des congés payés, les vacanciers qui sont là, c’est une pension de bord de mer deux étoiles, menu obligé, il faut être à table quand la cloche sonne, les gens sont tous un petit peu fous. En fait, c’est assez cauchemardesque si on regarde les choses comme elles sont. Et le personnage de Hulot réussit à travailler ça et à chaque fois que l’angoisse devient un tout petit peu trop pesante, hop, il fait repartir la chose, il remet la guimauve à sa place et puis ça recommence. Il y a un travail très fin sur l’inquiétude de vivre en société, parce que c’est toujours cette question là qui se pose : comment on s’intègre ou pas aux rituels sociaux.

ENFANCES

Film collectif

Je n’ai pas tout vu, je peux parler du petit film sur l’enfance de Jacques Tati. C’est un court métrage dont les deux auteurs sont des artistes plasticiens Libanais –cinéastes, mais d’abord artistes plasticiens-, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige. Ils sont partis un peu d’une anecdote que je raconte dans le livre, que m’avait racontée la sœur de Jacques Tati, Nathalie : Tati, dans une salle de classe, adolescent, avec son prof d’anglais qui lui dit « open the door, Jacques Tati » -enfin à l’époque il s’appelle Jacques Tatischeff. Tati ouvre la porte, il doit répéter « I open the door ». Et puis à ce moment-là, il est sur le seuil, c’est toujours l’histoire du seuil, il passe de l’autre côté, dit « I close the door », puis s’en va. Stupéfaction, lui-même se surprend en l’inventant. Il se retrouve dehors et, bon c’est une bonne blague de potache, si on veut, par rapport aux copains, mais du coup ce que se raconte Tati et que lui-même raconte, c’est que ce qui se passe pour lui ce n’est pas tellement le gag potache, c’est le fait qu’il vient de se créer un temps de vacance, un temps de liberté, et tout d’un coup c’est un peu vertigineux parce qu’il se dit « mais qu’est-ce que je fais, maintenant que je suis passé de l’autre côté du seuil ? ». C’est un peu Alice au pays des merveilles : qu’est-ce qui se passe de l’autre côté du miroir ? Et là, il commence à s’inventer, non pas un nouvel emploi du temps pour l’après-midi, aller au cinéma ou se balader, etc. Ce qu’il commence à s’inventer, c’est ce que s’inventent ses copains, qui sont restés de l’autre côté de la porte, dans la classe avec le prof d’anglais, sur : où est passé Tati ? C’est toujours ce truc à rebonds. Ça, c’est quand même intéressant comme mental ! C’est un mental à double, ou à triple détente. Voilà. Donc le petit film part de cette anecdote et il prend Tati, qui quand il a 14 ans mesure 1m90, donc il sort du cadre : c’est l’histoire d’une photo de classe et on n’arrive pas à faire rentrer le grand Tati dans le cadre de la photo. C’est très beau, très poétiquement fait.

PICKPOCKET

Robert Bresson

Il y a deux choses par rapport à Bresson. On fait souvent le rapprochement entre Bresson et Tati sur la question du son, puisqu’en effet, Bresson travaillait sur la manière de détourer le son, comme en photographie on peut détourer une image pour l’imprimer, en presse. Ça, c’est vrai, mais il y a deux autres choses. Il y a chez Tati et chez Bresson, un élément de grande austérité, Tati travaille beaucoup sur la soustraction, sur le « moins c’est plus », c’est quelqu’un d’extrêmement austère, Tati, derrière la prolixité de ses montages, de ses effets et de ses réflexions. Et la deuxième chose, c’est une réflexion de Maurice Pialat, pour qui et Bresson et Tati sont des enfants de l’après guerre. C’est-à-dire, comment on est obligé de repenser le cinéma après la deuxième guerre mondiale. Il y a quelques cinéastes qui ont repensé le cinéma, Bresson et Tati en font partie. Il y en a beaucoup qui ne l’ont pas fait, mais ces deux-là, pour Pialat, font partie de comment on gère cette cicatrice historique qui est aussi une cicatrice esthétique.

Propos recueillis par Jenny Ulrich.

[dvd :] LEONERA – Pablo Trapero

Mardi 30 juin 2009 by greglauert
Leonera

Leonera - éd. Mk2

Ecrire que Leonera est un film de prison de femmes serait lui faire mauvaise publicité, au vu de la piètre réputation du genre. Comme le souligne son auteur : malgré son cadre, Leonera est avant tout l’histoire d’une maternité. Incarcérée pour le crime de son compagnon alors qu’elle est enceinte , Julia élèvera son enfant en prison, dans un quartier réservé aux mères.

Ecrit et réalisé par Pablo Trapero, produit et interprété par sa femme, Leonera est une œuvre personnelle, passionnelle, ambitieuse, qui doit beaucoup à son contexte. La jeune femme évolue dans un quartier de haute sécurité, dont le film explore les codes, allant jusqu’à évoquer l’épanouissement d’une sexualité.
La singularité vient là du fait que le quartier pénitentiaire en question regorge de poussettes et de biberons. Avec l’enfant qui grandit derrière les barreaux se pose une question fondamentale mais ambiguë. L’enfant doit-il être libre, ou doit-il grandir auprès de sa mère ?
Trapero donne un embryon de réponse, mais il se plait surtout à décrire ce quotidien, à filmer ces prisonnières dans leur éveil au sentiment maternel. Il y a une dichotomie perpétuelle entre le monde carcéral, aride et violent, et la douceur engendrée par la présence des bambins.

Conter cette maternité derrière les barreaux est indéniablement une grande idée de cinéma. On pourra toutefois regretter que l’idée s’étiole au fil de l’intrigue. Le personnage d’Elli Medeiros, mère de la détenue venue s’approprier son petit fils et lui faire découvrir « le monde » est introduit tardivement. La thématique de l’enfant enlevé, de la mère dépossédée, est déjà obsolète. Le combat de Julia est mené derrière les barreaux. Celui qui l’oppose à sa mère est un ressort dramatique superflu, et tardif.
Qui plus est, le film évolue à un rythme débonnaire, correspondant à la perte de repère temporel des détenues. La résolution de l’intrigue semble alors accélérée, abrupte. Trapero veut donner de l’air à son récit, mais il a bien compris que ce n’est pas là qu’est le cœur du film.

Le dvd propose en supplément un making-of de 25 minutes, supposé éclairer le spectateur sur les intentions de l’auteur. Il est surtout intéressant d’y voir la place laissée au réel et l’introduction de vrais détenues dans des rôles mineurs.

Greg Lauert

[dvd :] DUEL AU COUTEAU – Mario Bava (2/3)

Lundi 29 juin 2009 by mathias
Duel au couteau (éd. Carlotta)

Duel au couteau - éd. Carlotta

En 1966, Mario Bava accepte de se repencher sur la mode Viking, qui lui avait très bien réussi quelques années plus tôt avec le superbe La ruée des Vikings. Il reprend donc au pied levé le tournage de Duel au couteau et retrouve son complice, l’acteur Cameron Mitchell. Bava décide de ne presque rien garder des scènes tournées par Leopoldo Savona, le réalisateur qu’il remplace, et boucle le film en une petite semaine. C’est là le principal tour de force de Duel au couteau, petit budget tourné en très peu de temps qui, grâce au travail rigoureux du cinéaste et à l’approche « minimaliste » du sujet, arrive à ne jamais trahir la modestie de son extraction.

L’histoire est fort simple. Un étranger arrive sur un territoire en proie à un terrible oppresseur, sauve une femme et son fils avant de s’installer chez eux pour se préparer à en découdre avec le vilain despote, avec lequel il a naturellement des comptes à régler.

Œuvre tout à fait mineure dans la carrière de son auteur, Duel au couteau est pourtant typiquement le genre de films qui permet d’apprécier la valeur d’un metteur en scène comme Bava. Loin de l’attitude de beaucoup de ses collègues qui consiste à masquer la misère d’un budget par le recours à des stock-shots de batailles issues d’autres productions ou par l’utilisation de cadrages serrés sur les cinq figurants présents sur le plateau pour simuler la foule, Bava, lui, choisit l’intimisme. Peu de personnages, peu de décors, peu d’action, et ça fonctionne plutôt pas mal comme ça. Il se concentre sur les relations entre les personnages et fait de la finalité du conflit une affaire d’hommes qui se règle à quatre ou six mains. Du bon sens, de l’humilité et du professionnalisme. Bête à dire mais ce sont là des qualités qui ne courent pas forcément les rues et si au final le film n’est pas mémorable comme pouvait l’être La ruée des Vikings, il n’a pas mal vieilli du tout, contrairement à nombre de productions similaires de la même époque.

Une intervention de Jean-Pierre Dionnet complète cette édition. Si on pouvait regretter un peu l’absence de version italienne sur La baie sanglante, c’est ici la VF qui fait défaut, histoire de nous rappeler qu’il devient visiblement de plus en plus difficile de trouver du matériel sur nombre de films populaires tournés il y a quelques décennies.

Mathias Ulrich

[radio :] CUT -70

Samedi 27 juin 2009 by jennyulrich

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Dans l’équipe des radio-cutiens cette semaine il y a un revenant et un édenté. Cette semaine aussi, le micro fait beaucoup scratch –pardon-, mais pour compenser un nouveau bruit anti-spoilers fait son apparition –merci. Sinon, quelques-uns des films à l’affiche cette semaine nous font penser à d’autres bien plus réussis : Biggie and Tupac (Nick Broomfield), Une bringue d’enfer (Kevin Reynolds), Gremlins (Joe Dante)… Quelle tristesse. En plus Michael Jackson est mort.

Jeux de pouvoir (Kevin Mcdonald), Sherrybaby (Laurie Collyer), Notorious B.I.G. (George Tillman Jr.), Katanga Business (Thierry Michel), Very bad trip (Todd Phillips), Fais-moi plaisir ! (Emmanuel Mouret), Vertige (Abel Ferry), Transormers 2 La revanche (Michael Bay).

Avec Jenny, Fouzi, Boyan, FX.

[dvd :] LA BAIE SANGLANTE – Mario Bava (1/3)

Mercredi 24 juin 2009 by mathias
La baie sanglante, de Mario Bava (éd. Carlotta)

La baie sanglante (éd. Carlotta)

Dans la carrière de Mario Bava, La baie sanglante marque, quelque part, un tournant. Celui de l’entrée dans la dureté terre-à-terre des années 70. Après l’insouciance des années 60, synonyme pour lui de films d’horreur gothiques et de bandes pop n’ayant les uns comme les autres que peu de points d’ancrage avec la réalité, le cinéaste passe ici à tout autre chose.

L’histoire tiendrait sur un timbre poste. Une bande d’affreux et d’affreuses s’entretuent consciencieusement pour l’acte de propriété pouvant transformer une baie sauvage et quasi-inhabitée en paradis bétonné pour touristes cossus.

Avec Cani arrabiati, qu’il tournera trois ans plus tard, c’est l’un des deux films que l’Italie des années de plomb a inspiré à Bava. Que ce soit la violence urbaine ou les magouilles immobilières qui figurent en toile de fond, on notera que l’appât du gain et le cynisme sont au cœur des deux oeuvres, en faisant certainement les seuls bons – voir excellents – films de leur auteur qui ne soit pas forcément très plaisants à voir, tant la place du spectateur y est malaisée : assister à l’autodestruction d’un groupe de personnages odieux et/ou idiots.

Privé de points d’identification, le cinéphile a quand même plein de raisons de se passionner pour La baie sanglante. D’abord, parce que comme tout Bava qui se respecte, le film est visuellement renversant. Ensuite pour son casting formidable, partagé entre acteurs généralement associés au cinéma bis (Luigi Pistilli, l’ex-James Bond girl Claudine Auger, Leopoldo Trieste…) et présences plus particulières (la pasolinienne Laura Betti ou Claudio Camaso, second couteau plutôt rare mais dont le jeu torturé ne manque pas d’évoquer celui de son grand frère Gian Maria Volonte).

Mais si La baie sanglante est devenue un classique aujourd’hui, c’est avant tout en sa qualité d’ancêtre du slasher movie. Il n’y a d’ailleurs pas un de ses meurtres qui n’ait été repris dans un Vendredi 13 quelconque. Ces débordements gore (fort sages, cela dit, selon les canons actuels), associés à des scènes de nu gratuites, confèrent au film un fort côté cinéma d’exploitation qui cohabite avec une vision extrêmement noire de la société italienne (le petit monde – échantillon représentatif ! – réuni ici par le cinéaste) et donne à l’œuvre un aspect assez nihiliste.

Le film possédant déjà plusieurs éditions DVD, Carlotta joue la carte de la valeur ajoutée. On trouvera donc en bonus une introduction de l’incontournable Jean-Pierre Dionnet (qui fit énormément pour la diffusion des films de Bava en France depuis le début des années 90 via son Cinéma de quartier), une tentative d’analyse de l’œuvre par une spécialiste du cinéaste et la grandiose bande-annonce d’époque. La pièce maîtresse de ses bonus étant une émission de télévision italienne d’une quarantaine de minutes, consacrée aux effets spéciaux, où Bava venait faire une démonstration de son talent en la matière.

Mathias Ulrich

Rencontre avec Didier Bourdon, Anne Consigny et Bambou

Lundi 22 juin 2009 by Boyan
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Je vous jure que ce sont eux !

Le cinéma Vox, à la pointe de la hype, a inventé la speed-”rencontre avec le public” jeudi dernier : sept minutes pour que le réalisateur-acteur et sa souriante compagne – dans le film – répondent brièvement à trois questions du public lors de l’avant-première de Bambou. Ceux qui ont été déçus de ne pas les rencontrer après le film (ce qui pourrait sembler logique à certains esprits chagrins) se seront consolés en écoutant le roué présentateur-animateur de NRJ, qui a su faire patienter le public en manque de sa dose de star ! Bambouuuuuuu !

(-_-)

[radio :] CUT -69

Vendredi 19 juin 2009 by jennyulrich

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Cette semaine émission -69 = émission pas érotique. Sauf si on considère qu’un patate dans le vagin c’est érotique… Nous ça a plutôt tendance à nous embrouiller ! Sinon, cette semaine il y a les films auxquels on rajoute une demie heure, ceux auxquels on n’est resté qu’une demie heure et puis les autres.

Amerrika (Cherien Dabis), Fausta (Claudia Llosa), Blood, the last vampire (Chris Nahon), Lascars (Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz), Hanté par ses ex (Mark Waters), Tellement proches (Eric Toledano et Olivier Nakache).

Avec Jenny, Fanny, Boyan, Greg.