Compte-rendu CUTien du Festival international du film fantastique de Gérardmer (2/2)

Lundi 8 février 2010 par rock brenner

Suite et fin de l’extraordinaire aventure de trois CUTiens dans les salles de Gérardmer…

FILMS EN COMPÉTITION

HIERRO (Gabe Ibanez)

Errance d’une femme dont l’enfant a disparu à bord d’un ferry. Hierro débute comme tant d’autres films, un drame, une remise en question du personnage principale puis son obstination  pour trouver la vérité. La première partie laisse présager une histoire complexe et inspirée mais progressivement, le réalisateur, qui semble se dire qu’il perd ses spectateurs, devient plus scolaire. L’idée la plus onirique, face à ce cauchemar de la perte d’un enfant, est liée à la présence de l’eau dans la majorité des plans et dans la vie de Maria, joué par Elena Anaya. D’abord nourrit de mystère et d’incompréhension, le film devient un simple jeu de piste pour finir sur un dénouement à grand renfort de flashs back (aucun indice distillé pendant le film ne nous est épargné) qui détruit tout le charme et l’horreur de cette vie, de cette femme qui s’accroche à l’espoir de retrouver son enfant vivant. (par David Erhard)

Lisez la suite de cette entrée »

[radio :] CUT -86

Samedi 6 février 2010 par jennyulrich

//ÇA Y EST ÇA MARCHE : L’EMISSION EST EN LIGNE !//

Cette semaine la machine l’a emporté sur l’humain : pas de générique. Cette semaine il est beaucoup question de Bertrand Bonello. Cette semaine les blagues visuelles abondent et si Cutlaradio avait été CutlaTV vous auriez pu voir Suzanne Bier diriger Jude Law –merci Stéphane. Cette semaine précisons que l’album de Jeanne Balibar s’intitule Slalom dame et que le film Israélien drôle est Cadeau du ciel de Dover Kosashvili.

Mother (Bong Joon-ho), Ne change rien (Pedro Costa), Anvil ! (Sacha Gervasi), Le refuge (François Ozon), In the air (Jason Reitman), Brothers (Jim Sheridan), Lebanon (Samuel Maoz), Sumo (Sharon Maymon et Erez Tadmor), Sherlock Holmes (Guy Ritchie).

Avec Jenny, Marcel, Romain, Stéphane.

Compte-rendu CUTien du Festival international du film fantastique de Gérardmer (1/2)

Vendredi 5 février 2010 par CUT

Le Festival de Gérardmer, édition 2010, 17ème édition du plus important (?) festival de film fantastique de France. (par Anne-Laure Tardy, David Erhard et Rock Brenner)

D’abord, les classiques : neige oblige, vous arrivez dans le froid. Dans un premier temps, allez chercher vos badges à l’espace tilleul (vous ne vous en rendez pas encore compte, mais ce même espace deviendra vite votre QG, le temps d’une bière ou d’un chocolat chaud entre deux séances). Profitez de la présence d’une poubelle pour arracher le cahier central du programme (sauf si vous êtes collectionneur de photos de glaces dans tous leurs état, Thiriet étant partenaire).

Choisissez un film, et activez-vous : ne laissez pas la tempête de neige qui se prépare et vous fouette déjà le visage mettre à mal votre motivation, marchez vaillamment et prenez place dans la file. Vous ne sentez plus vos membres ? Rassurez-vous, vos longues heures de queue seront récompensées par la flopée de glace généreusement distribuée à chaque séance.

Prenez place confortablement dans des banquettes moelleuses (bienvenue au cinéma Casino), un peu moins (Espace Lac) , en bois (Paradiso) la légende parle d’un quatrième cinéma, mais… il était loin…

Le Monsieur Loyal dont j’ignore le nom mais que les habitués reconnaîtront monte sur la scène sur fond de ACDC, un mot du réalisateur laisse place au générique de Marc Caro, « Bela !» et cri de hyène. Le festival peut commencer…

FILMS HORS-COMPETITION

DANS TON SOMMEIL (In their sleep, Caroline & Eric du Potet)

C’est avec une certaine appréhension que l’on se rend à cette séance : le thème de l’année semble être « un parent perd un enfant et tout à coup … » Soit. In their sleep, film tourné en Alsace (des références locales sont cachées ça et là pour les spectateurs qui comme moi s’ennuieraient ferme) nous raconte ainsi l’histoire d’une femme (jouée par Anne Parillaud) qui ne se remet pas de la mort de son fils ; un soir, elle rencontre un mystérieux adolescent poursuivi par un tueur fou… (attention, suspense !)

Basé sur  une idée plutôt intéressante qui souffre d’une mise en scène sans grand intérêt, le plaisir que  l’on peut prendre à ce film tient surtout dans la prestation de Thierry Frémont : de sa première apparition (qui frise pourtant le ridicule) aux scènes les plus « simples », il demeure juste, seul à tirer son épingle du jeu face à des partenaires plutôt faibles qu’on pourrait croire sortis d’un feuilleton marseillais qui a trouvé sa place sur France 3. Au final, un film à la violence à mon sens un peu facile qui poisse les yeux. (par A-L. T.)

Un élément qui aurait du avoir son importance dans ce film semble bâclé. L’histoire prend forme dans plusieurs endroits et conditions mais l’éclairage des scènes ne recrée aucune ambiance, ne donne pas d’identité. La lumière ne retranscrit pas du tout l’ambiance souhaitée, elle semble être utilisée pour déboucher les ombres (pour éviter d’avoir des visages imperceptibles) et… c’est tout. Seule une scène, éclairée par les phares d’une voiture, arrive à se démarquer réellement des autres et à soutenir une certaine tension. La lumière naturelle peut suffire sur certaines scènes, mais pas sur la totalité d’un film et ici, même si ce n’est pas le cas, il semble que l’éclairagiste ait prit congé. (par D.E.)

Lisez la suite de cette entrée »

[cinéphilie :] Pedro Costa

Mardi 26 janvier 2010 par Romain

Jeanne Balibar filmée par Pedro Costa. C'est autre chose que Pat le Guen qui fait un documentaire sur Lara Fabian.

Pedro Costa était à Strasbourg pour présenter Ne change rien (sortie le 27 janvier). Dans un noir et blanc, plus noir que blanc, sublime, Pedro Costa filme les enregistrements de Jeanne Balibar – chanteuse – en compagnie notamment de Rodolphe Burger. Le film est parfait : lent, troublant, harmonieux. Et puis vint l’ennui. Inévitable, comme un passage obligé pour aller au bout du film. Le cinéma comme une épreuve. Et si c’était cette douleur qui rendait le film si gracieux ?

Nous parlerons de Ne change rien dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 6 février). En attendant Pedro Costa nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants… En prenant son temps.

LES CONTES DE LA LUNE VAGUE APRES LA PLUIE (Kenji Mizoguchi)

(long soupir d’admiration) Oh la… Mmm, mmm… C’est trop, enfin… C’est un de ces cinéastes, rares, avec certains américains des années 30-40, capable de créer ce genre de fantaisie-cauchemar. Et moi je n’en suis jamais sorti depuis que je suis tout petit. Ca vient peut-être de là ce goût que j’ai pour des espaces et des temps, ce n’est pas onirique, mais… très dilatés. On aperçoit l’aube ou la tombée du jour, on ne sait pas si on est au début ou à la fin de quelque chose. Avec Mizoguchi, ça, c’est très important. On est à l’extrême fatigue, dans une absence de repères. Certains westerns ont ça aussi, c’est pour ça que je parlais de ces films américains. Mais je dis tout ça, c’est peut-être des bêtises. Avec Mizoguchi, il faut se taire.

SYMPATHY FOR THE DEVIL / ONE+ONE (Jean-Luc Godard)

Puisqu’on avance sur des bêtises. Ce n’est pas un film de Godard que je regarde comme les autres. Déjà, dans le cliché total, je suis plutôt Beatles que Stones. Donc harmonie plus que rock n’roll. Bien sûr, je l’ai regardé, et sa façon de filmer est extraordinaire. Mais ce qu’il y a, c’est que dans mon film, Rodolphe Burger porte la même longue chemise blanche que Mick Jaeger dans ce film. Et quand j’ai revu One + one, c’est la première chose dont je me suis rendu compte. C’est bizarre. One + one est peut-être le seul film qui filme le rock avec talent. Il y en a un autre, Cocksuckers blues de Robert Franck, mais il a presque était interdit par les Stones. Sinon…

SHINE A LIGHT (Martin Scorsese)

Oui. Alors ça, je l’ai vu en dvd. Je l’ai regardé par simple curiosité technique, j’avoue. Parce que je n’ai pas de grand enthousiasme pour Scorsese. Ni pour les Stones, comme je disais. Et je n’ai pas trouvé le film très bon. C’est très maquillé. Tout ce qu’il fait, il le fait pour cacher des choses, une nudité qu’il ne veut pas affronter. Et j’ai détesté le son du film ! Horrible. Si ce film avait été fait sur les Beatles, j’en suis sûr, John Lennon aurait dit stop ! Je lisais beaucoup ce que Lennon disait sur le son, il parlait du mono meilleur que le stéréo. Il disait : « je veux du mono, on ne joue pas séparé. » Parce que le stéréo, c’est la séparation, c’est presque… étymologique. Une vague ambition de mon film était de le faire en mono, au sens où ce serait la captation d’un son de plusieurs personnes qui jouent ensemble, sans séparer les pistes. Comme les salles ne sont équipées qu’en stéréo, on a fait une espèce de faux stéréo, le plus proche possible du mono, en réduisant au maximum le nombre de pistes. J’ai vu un film (Heart of gold) très bien, avec Neil Young et fait par Neil Young, où on le voit lui seul sur une scène. Il existe en dvd. C’est un film où il joue de la guitare acoustique. C’est pas délirant, c’est assez simple, quatre ou cinq valeurs de plan. C’est la meilleure chose que j’ai vue, à part bon, Godard. Sinon, y a plein de choses à voir sur Youtube. Ca c’est formidable pour découvrir des enregistrements.

DU JOUR AU LENDEMAIN (Straub et Huillet)

En tant qu’admirateur, et plus que ça, il y a beaucoup de choses à prendre. Shine a light = ne pas prendre. Du jour au lendemain = prendre. Cette ambition que tout soit une chose, et pas 450. Tout va ensemble, en même temps, et c’est ça qui est fort. Un beau travail, avec le moins de camouflage possible.

VA SAVOIR (Jacques Rivette)

C’est le plus beau film de Jeanne Balibar, celui où son travail est le plus large, le plus ample. On l’a vue faire des choses chez les uns et chez les autres, et là elle fait tout. C’est un très beau film. S’il doit y avoir des points communs entre les films de Rivette et les miens, c’est peut-être que les choses vont lentement. Pour montrer quelque chose il faut du temps. On n’est pas des cinéastes lents, on a besoin de temps pour montrer les choses. On laisse passer le temps, j’aime cette notion de perdre du temps. Quand on perd du temps, on gagne quelque chose… de différent.

Propos recueillis par Romain Sublon

[radio :] CUT -85

Samedi 23 janvier 2010 par jennyulrich

Cette semaine place aux polars et aux figures christiques (ou mystiques). Cette semaine le point Godwin s’applique aussi à Sarkozy. Cette semaine l’émission est un long décompte du temps réservé in fine à Moullet.

A serious man (Joel et Ethan Coen), Gainsbourg, vie héroïque (Joann Sfar), Black dynamite (Scott Sanders), Complices (Frédéric Mermoud), Invictus (Clint Eastwood), Blindés (Nimrod Antal), La dame de trèfle (Jérôme Bonnell), Le livre d’Eli (Albert et Allen Hugues), The red riding trilogy -1974 (Julian Jarold) et 1980 (James Marsh), La terre de la folie (Luc Moullet).

Avec Jenny, FX, Sylvain, Romain.

[cinéphilie :] Nina Meurisse et Cyril Descours

Mercredi 20 janvier 2010 par Romain

Non, cette photo n'est pas extraite d'un film d'Eric Rohmer.

Nina Meurisse et Cyril Descours (acteurs) étaient à Strasbourg pour présenter Complices (de Frédéric Mermoux, sortie le 20 janvier). Un film construit en deux parties, qui se chevauchent ; une enquête menée par deux inspecteurs qui jouent au chat et à la souris (suis moi je te fuis, fuis moi je te suis) et une histoire d’amour adolescente sur fond de prostitution (fuis moi je te suce, suce moi je te fuis). Et cela donne un film… bancal. L’enquête est molle, prévisible, bien interprétée mais par des acteurs (Gilbert Melki et Emmanuelle Devos) en roue libre. L’histoire d’amour est dense, tendue, bien interprétée par des acteurs (Nina Meurisse et Cyril Descours) serrés de près.

Nous parlerons de Complices dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 23 janvier). En attendant Nina Meurisse et Cyril Descours nous livrent leurs souvenirs et impressions des films suivants… Dans la mesure du possible !

SCENES DE CRIME (Frédéric Schondoerffer)
Cyril Descours : Nina, je te laisse.
Nina Meurisse : Très beau film. Très, très beau film…. Non, je ne l’ai pas vu. On va se ridiculiser, on n’a rien vu !
C.D : C’est clair.

KEN PARK (Larry Clark)
C.D : Ah oui, ça j’ai vu. Parce que Fred (Mermoud, le réalisateur) m’avait demandé de le voir pour Complices. Mais je n’ai jamais bien compris si c’était parce qu’il voulait s’inspirer de ça pour les scènes de nu ou plutôt parce que c’était ce qu’il voulait absolument éviter. Par exemple, dans Ken Park c’est très cru. Dans Complices, c’est très suggéré. Enfin, non, ce n’est pas suggéré mais hors champ. Et dans Ken Park c’est plein champ !
N.M : Dans Ken Park, c’est la recherche du désir. Ce n’est pas vraiment ça dans Complices
C.D : Dans Ken Park, c’est la sexualité à tous les niveaux, tous les âges, tous les sexes. Dans Complices, c’est une histoire d’amour sur fond de prostitution.

21 GRAMMES (Alejandro Gonzalez Inarritu)
C.D : J’ai envie de le voir.
N.M : C’est un film de genre. Comme Complices d’ailleurs. Il y a une enquête, mais ce n’est pas le plus important. Le meurtre n’est pas le plus important.
C.D : D’ailleurs Fred a supprimé pas mal de scènes de l’enquête pour se concentrer sur l’histoire d’amour.
N.M : Dans 21 grammes, il y a aussi ce travail du montage, des flashs-backs.

MY OWN PRIVATE IDAHO (Gus van Sant)
C.D : J’ai vu des bouts, je ne l’ai pas vu en entier.

HEAT (Michael Mann)
C.D : Bon, écoute, tu sais quoi. Je prends un stylo pour noter ta liste et on se rappelle dans 15 jours.
N.M : Pas vu non plus.

LES TEMOINS (André Téchiné)
N.M : Très beau film, vraiment. Et je l’ai vu ! C’est un de mes préférés de Téchiné.
CD : Pas vu. Fred nous a montré Ken Park, Y tu mama tambien (Alfonso Cuaron) pour l’esprit de déconne, pour la vie des jeunes.
N.M : Moi j’ai vu Garde à vue, pour préparer la scène d’interrogatoire.

Propos recueillis par Romain Sublon

[livre :] Le Londres-Louxor – Jakuta Alikavazovic

Mercredi 13 janvier 2010 par CUT

A lire dans une caravane.

En 2007 paraissait Corps volatils (prix Gongourt du premier roman). Il y a quelques jours, le 7 janvier 2010, paraissait le deuxième roman de Jakuta Alikavazovic : Le Londres-Louxor. Un livre dont nous ne dirons rien, par déontologie (Jakuta Alikavazovic sévit sur ce site… Jakuts es-tu là ?).
Nous préciserons simplement que ce livre pèse 192 pages, qu’il prend ses quartiers dans un cinéma et qu’il est le meilleur roman de l’année. Et le plus beau prologue du siècle.

[radio :] CUT -84

Samedi 9 janvier 2010 par jennyulrich

Cette semaine, nous vous disons : bonne année. Cette semaine, nous commençons bien 2010 avec un superbe générique alternatif. Cette semaine, nous travaillons les transitions au début, puis nous oublions. Cette semaine, notre bible –à savoir « le petit programme »- s’avère plein de trous, la moitié des castings passent donc à l’as. Cette semaine, une constatation : qu’est-ce qu’il y a comme orphelinats au cinéma en ce moment ! Cette semaine, nous vous recommandons de profiter de la projection de Une vie toute neuve en présence de la réalisatrice Ounie Lecomte, mardi 12 janvier à 20h au Star.

La merditude des choses (Felix Van Groeningen), Bright star (Jane Campion), Gigantic (Matt Aselton), Les contes de l’âge d’or (film collectif supervisé par Christian Mungiu), Le bel âge (Laurent Perreau), Bliss (Drew Barrymore), Agora (Alejandro Amenabar), Une vie toute neuve (Ounie Lecomte), Coco Chanel & Igor Stravinsky (Jan Kounen), Cracks (Jordan Scott), Padre nuestro (Christopher Zalla), Le siffleur (Philippe Lefebvre), Esther (Jaume Collet-Serra).

Avec Jenny, FX, Stéphane, David.

Tops & flops 2009 (2/2)

Mardi 5 janvier 2010 par CUT

Voici la deuxième partie des Tops & Flops 2009, par les membres de la rédaction de CUT (la consigne : 5 tops et 3 flops maximum). Et en bonus, le top et le flop de la décennie.

Lisez la suite de cette entrée »

Tops & flops 2009 (1/2)

Dimanche 3 janvier 2010 par CUT

Voici la première partie des Tops & Flops 2009, par les membres de la rédaction de CUT (la consigne : 5 tops et 3 flops maximum). Et en bonus, le top et le flop de la décennie. La deuxième partie sera mise en ligne le mardi 5 janvier.

Lisez la suite de cette entrée »